Terquem, loc. cit
4. H. Poincaré, Savants et écrivains. Paris, Flammarion (sans date), 279. L'aflirmation de Poincaré est un peu absolue dans sa concision, et laisserait croire que Cauchy a inventé la méthode
Par les voies qu'il a ouvertes et par l'instrument de pénétration qu'il a laissé, Cauchy a donc été, dans le plein sens du mot, un initiateur et l'un des plus grands que l'histoire de la science ait à saluer.
(c Les jeunes géomètres qui auront le courage d'étudier à fond chacun de ses innombrables mémoires, trouveront, dans cette mine d'idées, des veines abondantes de découvertes à suivre et à mettre au jour. » Quand J.-B. Biot parlait ainsi ^, l'expérience avait déjà été faite par un de ces « jeunes », qui compte parmi les plus perspicaces et dont nous aurons à reparler, par Abel. Il nous apprend qu'il a puisé toutes ses connaissances mathématiques dans les écrits de Cauchy. Sans doute, il exagère ; mais « un tel aveu est le meilleur des panégyriques ^ ». Et ce ne sont pas seulement les jeunes
de toutes pièces. Valson dit de façon plus précise : c Avant Cauchy, la théorie des symboles imaginaires était, poxir ainsi dire, dans l'enfance; c'est lui qui, le premier, introduisit dans cette branche épineuse des sciences mathématiques une clarté et une rigueur auparavant inconnues. Entre ses mains, les symboles imaginaires se prêtent aux transformations les plus délicates et les plus variées, et deviennent le procédé de généralisation le plus puissant dont la science dispose. » (Valson, Vie et travaux de Cauchy, 1, 128 sq.). — Hermite dit de même (Préface aux Œuvres mathématiques de Riemann, traduites par Laugel. Paris, Gauthier-Villars, 1898, p. vit), que, dans l'élaboration de cette théorie, Cauchy a « surmonté des obstacles longtemps infranchissables ».
1. Mélanges scientifiques et littéraires. Paris, M. Lévy, 1858, t. III, p. 155.
2. Terquem, loc. cit., p. 51. Voyez aussi Ch. Lucas de Pesloûan. iV.-fl. Abel, sa vie et son œuvre. Paris, Gauthier-Villars, 1906, pp. 22, 40. Abel écrivait : Cauchy est « l'homme qui sait le mieux comment on doit traiter les mathématiques ». Il l'a répété à plusieurs reprises. Voyez Ldcas de Pesloûan, pp. 40, 64.
DANS LES MATHÉMATIQDES 21
qui sont venus puiser à cette source, mais les plus illustres en pleine possession de leur talent et de leur renommée. Au dire de Valson, « les travaux et les méthodes de Cauchy ont été le point de départ des recherches de la plupart des géomètres contemporains ». Ses œuvres « ont conservé un véritable caractère d'actuahté ». Elles « sont une mine presque inépuisable de recherches... Une foule de savants, notamment en Allemagne, marchant dans les voies ouvertes par Cauchy, ont produit, dans ces dernières années, des travaux importants i ». « Qu'on ouvre aujourd'hui un ouvrage concernant les parties élevées des mathématiques, qu'on parcoure une thèse ou un mémoire de haute analyse, on est presque sûr d'y rencontrer le nom de Cauchy ou d'y trouver le développement et les applications d'une théorie dont il a posé les fondements ^ » Et en 1898, quarante ans après sa mort, Joseph Bertrand, son collègue, pouvait dire : « Le rôle de Cauchy grandit chaque jour ; les admirateurs les plus enthousiastes, il y a cinquante ans, ne pouvaient ni le prédire, ni le prévoir. Il explorait des régions nouvelles, on savait à quelle hauteur; nul n'en pouvait deviner l'étendue, la consistance et l'inépuisable fécondité ^ » Voilà sans doute un homme qui a fait honneur à la science.
1. Congrès scient, int. cathol. de 1888, t. II, pp. bl4, oId.