Edm. Bouty, dans La Science française, l, p
4. C. R., tome cité, p. 141. La guerre de 1870 lui fut particulièrement cruelle : les Allemands brûlèrent toutes ses notes et faussèrent tous ses instruments, dans son laboratoire, à la manufac-
Jean-Baptiste- Joseph Fourier (1769-1830) n'a pas influé, lui non plus, sur la thermodynamique : il était mort quand elle a fait son apparition. Mais il a laissé une trace profonde dans la science, notamment par sa Théorie analytique de la chaleur^ publiée en 1822 1. C'est « une œuvre de premier ordre, où brillent les plus hautes qualités de l'esprit, une pénétration profonde dans l'invention des formes analytiques propres à la traduction des relations concrètes, et une grande habileté à créer de nouvelles ressources algébriques pour des questions nouvelles. Cette théorie qui a pris naissance avec Fourier, est, au reste, sortie de ses mains à l'état de science faite, à laquelle de nouveaux chapitres pouvaient seulement être ajoutés, sans que ce qui était déjà fait pût comporter de nouvelles retouches ^ ». « On peut placer sans injustice (ce bel ouvrage) à côté des écrits scientifiques les plus parfaits de tous les temps \ »
Fourier comptait un saint dans sa famille, Pierre Fourier, réformateur des chanoines réguhers de la
ture de Sèvres; et à Buzenval, la dernière balle prussienne tuait son fils, le peintre Henri Regnault. Voyez Dumas. Eloges, 11, pp. 193-197.
1. Voj'ez F. Arago, Eloge historique de Joseph Fou7'ier lu à la séance publique du 18 novembre 1833. Paris, Firmin-Didot, 1838, p. 69.
2. Max. Marie, Eist. des math., XI, p. 18. « L'analyse mathématique doit à Fourier la découverte de la formule connue sous le nom de Série de Fourier » (p. 20).
3. G.Darboux, dans Œuvres de Fouriei', publiées par les soins de G. Darboux, Paris, Gauthier-Villars, MDCGCLXXXVIII, Avantprovos, t. h P- V.
congrégation de Notre-Dame. Lui-même, après avoir suivi les cours de l'école militaire dirigée par les Bénédictins de Saint-Maur, fut admis à leur noviciat ; mais il en sortit en 1789, « ce qui n'empêcha point ses anciens maîtres de lui confier la principale chaire de mathématiques à l'école militaire d'Auxerrc et de lui prodiguer les marques d'une vive et sincère affection! ». On peut dire que cet ensemble de faits nous montrent dans Fourier le contraire d'un mécréant. Il est vrai qu'ensuite « il embrassa avec enthousiasme les principes de la Révolution ^ » ; mais s'il leur sacrifia ses principes religieux — ce qui n'est pas démontré — ce ne fut que pour un temps ; car, devenu plus tard secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, il prononça des éloges historiques où, plusieurs fois, et notamment dans l'éloge de Laplace, il laisse discrètement voir qu'il est resté fidèle ou qu'il est revenu aux convictions de sa jeunesse.
Victor Cousin, qui, dans ses Fragments et souvenirs, consacre de nombreuses pages à Fourier, est très sobre sur son attitude rehgieuse. Il dit cependant, sur le témoignage d'Aug. Périer, que, « sans être dévot, il était loin d'être dépourvu de sentiments
religieux ^ ».