Voyez RosTAiNG
2. Voyez Rust.ving, 197-200, 287-317. Tout le monde, au début, ne partageait pas ces espoirs : « A quoi bon, les ballons? » disait quelqu'un à Franklin, qui répondit : « A quoi bon l'enfant qui vient de naître? » (Biot, Mélanges, m, 81).
Elle posait avant tout un problème de sustentation, mais la réalisation pratique allait se heurter à un problème de puissance motrice, et par là l'histoire de l'aviation peut se rattacher à la Physique de la chaleur.
Marc Seguin, l'un des premiers, montra les conditions onéreuses dont restait grevée l'invention de son oncle, et les limites assez étroites où devaient se circonscrire les services qu'on lui demandait. Il appelait de ses vœux l'aviation, l'emploi du véhicule plus lourd que l'air, déclarant le problème hérissé de difficultés, mais non pas insoluble : « On parviendra, s'écriait-il, à voyager aussi facilement dans les airs qu'on le fait aujourd'hui sur mer \ » Ses études et ses expériences lui faisaient voir le principal obstacle dans le poids excessif des moteurs dont on disposait de son temps.
Il voyait juste ; le progrès des moteurs ayant supprimé cet obstacle ", on est parvenu, à force de pénétration dans les calculs, à force de hardiesse et de courage dans les expériences, à vaincre tous les
1. Marc Seguin, Mémoire sur l'Aviation ou Navigation aérienne, 1886, cité dans l'anonyme, Marc Seguin, 16. Voyez aussi Rostaing, 438-440.
2. Il est intéressant de noter que l'obstacle a été surtout supprimé par un petit-fîls de Marc Seguin, Laurent Seguin (né en 1883), avec son invention du « moteur Gnome ». Le Gnome « parut une révolution trop hardie, mais il fallut se rendre h l'évidence. Le Gnome fonctionnait!... C'était vraiment un moteur pratique, et on peut dire qu'il fut et qu'il est encore pour beaucoup dans le succès triomphal de l'aviation » (H. Petit, dans La Nature, 12 juillet 1913, p. 117).
autres, et les aéroplanes aujourd'hui peuplent les airs.
A qui faut-il attribuer l'honneur de l'invention nouvelle ? Qui a résolu théoriquement et pratiquement le problème essentiel de la sustentation ? Il nous paraît impossible de le dire. L'idée était dans l'air assez répandue pour n'être la propriété exclusive de personne, assez précise pour fixer l'attention, assez tentante pour stimuler beaucoup d'intelligences et de courages qui peu à peu, s'aidant les uns les autres, ont approché du résultat. Nous ne saurions dire qui a eu, dans l'œuvre collective, le plus de mérite ; mais les faits désignent ceux qui ont réussi. Ce sont les frères Wright qui, les premiers, le 17 décembre 1903, ont véritablement volé^ après avoir trouvé les dispositifs essentiels qui permettaient à leur appareil de tenir l'air \ Ils avaient pris leur brevet, et ils engagèrent un peu partout, en Amérique, en France, en Allemagne, des procès qui, à quelques semaines d'intervalle, ont eu en 1913 leur conclusion : partout elle a été en leur faveur. Entre temps, l'un des deux frères, Wilbur Wright (1867-1912) est mort.
A son sujet, on nous écrit d'Amérique qu'il était méthodiste, et, « sans l'ojnbre d'un doute, un homme rehgieux " ».
1. Ce premier vol fut de o9 secondes, et le chemin parcouru, de 260 mètres. En 1905, avec un moteur plus puissant, ils réalisaient des vols de quelque durée. En 1908, au camp d'Auvours, Wilbur faisait des prouesses. Voyez Paul P.\inlevé et E.mile Borel, L'Aviation, Paris, Alcan, 1910, pp. 97 sq.