‹ La part des croyants dans les progrès de la science au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 81 sur 176 · RoàTAi.NG, 305. Cf · texte numérisé non relu

RoàTAi.NG, 305. Cf

vable à des croyants. Et parmi tous les grands noms que rappelle la physique de la chaleur — nous en avons cité 35 — il y en a deux tout au plus, celui de Carnot et celui de Stephenson, que les croyants ne peuvent pas revendiquer \

IL — La lumière.

§ 1, — La théorie des ondulations.

La physique de la lumière, elle aussi, a été transformée au cours du xix® siècle. Elle avait déjà une belle histoire. On avait beaucoup observé et même expérimenté depuis un siècle ou deux, et l'on avait le choix, pour expliquer les phénomènes, entre deux grandes théories dont l'une était due à Newton (1643- 1727), et l'autre à Huyghens (1629-1695) \ La première, la théorie de Vémission, expliquait la lumière par des particules matérielles projetées dans l'espace, par des émanations des corps lumineux que

1. Signalons ici, faute de pouvoir lui trouver une meilleure place, une merveille de mécanique due à un simple ouvrier. Cette merveille est le métier à tisser, et cet ouvrier se nomme Joseph- Marie Jacquard (1752-1834). Le métier fut imaginé en 1790, mais le manque d"argent en retarda l'exécution jusqu'en 1800. En 1801, un modèle figurait à l'e.'îposition de l'Industrie. Jacquard était un chrétien. « Sa foi religieuse était simple, naïve. » (H. Baudrillart, Vie de Jacquard, Paris, Hachette, 1866, p. 19).

2. « Le seul auteur qu'on puisse raisonnablement mentionner comme un devancier d'Huygens est le Jésuite Pardies » (E. Vbr- DET, lîitroduction aux Œuvres complètes de Fresnel, p. xvi). Les sentiments religieux de Newton sont bien connus. Ce que nous avons cité de lui (p. 60) suffit déjà pour attester sa croyance en Dieu. Sur la foi de Iluygens, voyez Dennert, 24.

l'œil percevrait de la même façon que l'odorat perçoit les émanations du musc. L'autre théorie, celle des ondulations, voyait, dans la lumière, des vibrations de l'éther provoquant, sur la rétine de l'œil, la sensation lumineuse, comme les vibrations de l'air provoquent, dans l'oreille, la sensation sonore. Or, cette dernière théorie était presque abandonnée au début du XIX® siècle.

Mais elle trouva, pour la soutenir, deux génies : Young et Fresnel.

F. Arago, prononçant, devant l'Académie des Sciences, l'éloge funèbre de Volta, le terminait ainsi : « La place d'associé étranger que la mort de Volta laisse vacante, a été remphe par le D»" Thomas Young. Les corps académiques sont heureux. Messieurs, lorsqu'en se recrutant, ils peuvent faire ainsi succéder le génie au génie S »

Thomas Young (1773-1829) fut en effet « l'un des esprits les plus profonds que le monde ait possédés" ».

« Dès son enfance, (il) avait montré les quaUtés les plus rares et surtout une souplesse d'esprit qui lui permettait de les appliquer au même moment et avec un égal succès aux études les plus diverses. A treize ans,... seul et sans maître, dans la maison paternelle, il tentait d'apprendre à la fois l'hébreu, la botanique et l'optique ; à seize ans, il étudiait en

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