E. de Cyon
3. Lettre de M. Emile Flolrens, ancien ministre des Affaires étrangères, à E. de Cyon, reproduite dans Dieu et science, 396. Peut-être le toujours du texte est-il un peu excessif: d'après Moigno (Les Mondes, XV, 1867, p. 637;, il suivit, dans sa jeunesse, la mode du temps, qui était à la libre-pensée ; mais « il fut un des premiers à revenir à l'orthodoxie; et sa science avait fini par être parfaitement d'accord avec sa foi ».
il. 10
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riques, où l'affirmation de ses croyances spiritualistes revient à chaque page1.
« Ce fut un remarquable chirurgien, mais c'est surtout comme physiologiste que Charles Bell (1774-1842) est célèbre. Sa démonstration de la distinction des nerfs du rachis en sensitifs et moteurs est un immense fait physiologique que Magendie devait compléter2 ». Son biographe n'hé-
1. Nous citons le premier passage qui tombe sous nos yeux : avec M. de Blainville, « revient encore la série des êtres, mais, cette fois-ci du moins, plus développée, plus complète, plug près d'être partout démontrée et, ce qui est ici le dernier progrès, essentiellement rattachée à la doctrine, chaque jour mieux comprise et plus respectée, des causes finales... Les causes finales sont l'expression philosophique la plus haute et la plu» douce. Il y a un plaisir d'un ordre supérieur à découvrir et à contempler cet assemblage merveilleux de tant de ressorts divers combinés rians des proportions si justes. Le spectacle d'Une sagesse infinie donne du calme à l'esprit des hommes. Ce n'est pas peu de chose, disait Leibniz, que d'être content de Dieu et de l'univers » (Eloges, I. 302 sq.).
2. Tiuaire, 246 On a beaucoup discuté sur les mérites respectifs de Bell et de Magendie dans cette grande découverte. Voici d'après Flourexs {Eloge hist. de Fr. Magendie, déjà cité, pp. 64 sq.) le résumé de la question : Les titres de Bell se trouvent dans sa brochure ldea of a New Anatomy of the Brain submitted for the observations of his friends. London 1811. Il y expose sa grande idée d'après laquelle chaque nerf, à la fois moteur et sensitif, est un nerf double. Les titres de Magendie se partagent en deux séries d'efforts : Par la première, il a complété les observations de Bell ; par la seconde, il a découvert la sensibilité récurrente. « M. Bell a donc eu, le premier, ridée que chaque nerf pouvait être double ou composé de deux, il a, le premier de tous les physiologistes, porté l'expérience sur les racines des nerfs ; et enfin, de son expérience quoique incomplète, il a conclu à la fonction distincte de chaque racine. Tout cela a été fait par M. Bell dix ans avant M. Magendie » (p. 64). Flc-irens a réuni ses études sur Magendie Dt Bell, dans le t. 11! de ses Eloges hist., 1862, pp. 3-158. CL
site pas à le comparer à Bichat et à Haller, ces deux génies1.
Or, clans tous ses ouvrages, mais particulièrement dans celui qui a eu le plus de vogUe (Traité sur la main), « Ch. Bell, physiologiste spiritiialiste, proclame a chaque page la préexistence d'un plan universel réalisé par la création et l'œuvre d'une intelligence supérieure2. Il écrivait dans son journal : « j'ai demandé Une conférence à Reiiftie l'ingénieur, pour l'entretenir de l'utilité de l'anatomie, et lui montrer comment Dieu toutpuissant fait (dans les organismes) des arches, des ponts, des cables et tout ce qu'entreprennent les ingénieurs ». Son historien, peu après avoir cité cette phrase, ajoute : « Il aurait dit volontiers, comme Galien interrompant Une autopsie : Ce n'est pas Une leçon d'anatomie que je répète, c'est un hymne en l'honneur du Créateur3 ». îl mourut subitement, pendant la nuit, d'une angine au cœur ; mais, à son coucher, il s'était fait lire urt psaume et cette prière du culte protestant qui implore « la paix que le monde ne saurait donner4. »
Bernard (Physiol. gén., 15-21), sans contester ces faits, décerne à. Magendie la principale part du mérite.
1. Amédée Pichot, Sir Charles Bell, Histoire de sa vie et de ses travaux. Paris, Michel Léyy, 1858, p. 146. Bichat nous est déjà connu. Albert de Haller (1708-1777), l'un des plus grands noms de la Science, n'appartient pas au xixe siècle. L'ardeur de ses convictions religieuses ne fait de doute pour personne. Il la montra notamment dans ses luttes contre les encyclopédistes.