‹ La part des croyants dans les progrès de la science au XIXe siècleChapitre 108 sur 201 · Voyez aussi Dexnert, 47 sq · texte numérisé non relu

Voyez aussi Dexnert, 47 sq

i. Nous nous référons jci à une longue lettre inédile d/E- de Cyon, adressée au Dr. L. Murât, à la date du 8 janvier Î9J1.

il cherche à promouvoir l'alliance franco-russe. Russe de nationalité, professeur de physiologie à la Faculté des Sciences et à l'Académie de Médecine de Saint-Pétersbourg, il se fait naturaliser suisse, il devient en France directeur du Gaulois, puis de la Nouvelle Revue, et le collaborateur de nos grandes revues de science ou de philosophie; il publie une multitude d'ouvrages en russe, en français, en allemand. Mais c'est par la science surtout qu'il vaut et que son œuvre restera.

« C'est un des grands physiologistes et des plus originaux du siècle dernier... Avant lui, on ne connaissait rien de l'innervation extrinsèque du cœur en dehors de l'action des pneumogastriques. En 1866, il découvre le système des nerfs accélérateurs du cœur (sympathiques cardiaques), puis le nerf dépresseur de la circulation. Que de travaux sortis de ces deux découvertes fondamentales! Et comme on comprend l'admiration que professa dès lors Claude Bernard pour le jeune physiologiste qui, à 23 ans, se révélait maître de ses premiers essais. Son admirable ouvrage de technique physiologique expérimentale entra dans tous les laboratoires, fit autorité dans le monde entier et rendit les plus grands services1. » Il a

1. Gley, Rev. gén. se , 30 décembre 1912. 11 est pénible d'avoir à dire que l'admiration de Cl. Bernard était peut-être prématurée, et que ce fameux nerf sensitif de l'endocarde, qu'on appelle couramment « le nerf de Cyon », est peut être mal nommé. Le bruit, en effet, a couru jadis, parmi les camarades de Cyon, et l'un des survivants — un témoin grave et, malheureusement, convaincu — me contait naguère que Ludvig,

obtenu deux fois le prix Montyon, pour sa découverte des nerfs du cœur et pour son ouvrage sur les Principes d' électrothérapie. Ses travaux sur les glandes vasculaires, sur les fonctions des canaux semi-circulaires comme organes de l'équilibre et de l'orientation, sur les fonctions du labyrinthe de l'oreille interne comme organe du sens mathématique, s'ils formulent des conclusions sur lesquelles savants et philosophes discuteront longtemps encore, ont démontré, une fois de plus, la pénétration, la hardiesse et l'originalité d'Elie de Gyon.

Il semble avoir apporté sa hardiesse de décision et sa vigueur de tempérament dans sa vie religieuse. Juif d'origine, il passa, vers la fin de ses études médicales, à l'Eglise orthodoxe. Dans la dernière époque de sa vie, nous le trouvons ardent catholique. « Il avait retrouvé la foi par l'étude et la prière l. »

Cette foi, il la proclame volontiers , même quand l'occasion ne semble pas le requérir. C'est ainsi que, dans la Préface de son ouvrage sur les glandes vasculaires, il écrit avec une conviction sereine : « Entre la science et la foi, d'où viendrait le conflit? Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité; quiconque est pour la vérité écoute ma voix, a dit

le premier maître de Cyon, se plaignait que l'élève eût volé au maître sa découverte. Erreur ou vérité? Ce doute met une ombre sur la gloire du savant, et un malaise dans la sympathie qu'on voudrait donner à l'homme.

1. D'après une lettre du D* Henri Dauchez au D* Eug. Vincent (juillet 1914), qui a bien voulu nous en donner copie.

Jésus (saint Jean, xyijt, 37). Or le souci de la vérité n'est-il pas, en délinilive, le but des recherches scientiliques { ». Il a d'ailleurs écrit un ouvrage de science et d'apologétique, qui nous dispense d'insister2-

Et il s'est fait inscrire d«ns la société de Sajniï-<uc comppsée de médecins catholiques qui entendent vivre leur foi3- U l'a vécue avec ferveur, g II avait même une petite chapelle où on lui apportait encore, dans les derniers jours de sa vie, la sainte communion4 ». Le Dr Murât nous a raconté qu'un jour où il lui faisait une visite à Paris, J'illustre savant, en l'introduisant dans sa chambre, lui dit, avep un geste qui montrait le lit : « Voilà, depuis trois ans, mon cabinet de travail ». Puis, désignant un grand crucifix appendu au mur : a Voici mou conseiller et mon Gpnsolateur >).

On pourrait probablement allonger encore cette liste; mais 011 ne peut nier que les huit savants passés en revue ne méritent, par la date qu l'importance de leurs travaux, d'être comptés parmi les grands ouvriers de la physiologie générale. Or, parmi eux, il y a un matérialiste, Magendie, le premier en date — et p'est à son honneur —

1. E. von Cyox, Die Gefubdrïisen als regulatorische Schulzorgane des Zentral-Nervensy stems. Berlin, J. Springer, 1910. Vorrede, p. xm.

2. Dieu et science. Nous y avons emprunté, comme on a pu je yoir, de nombreuses citations,.

3. Il y a été présenté par up autre converti, le T)' F. (qui vit encope). D*après la lettre citée du Dr DAixnr.z.

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