Cité par Kneller
2. Cité par Kneller, 333. On a publié, sous le nom du célèbre physiologiste anglais Georg-John Romanes (1848-1894), un volume intitulé Thoughts on Religion {Pensées sur la religion). Elles sont tirées de ses Essais et Noies posthumes, et ont été recueillies par Charles Gore, évêque anglican de Worcester. Ces pensées sont parfois contradictoires. Gore l'explique ainsi dans sa Préface : « Les Essais et les Notes expriment la même tendance d'un esprit qui part de la position de l'incroyance à l'égard de la Révélation chrétienne et s'oriente vers la foi. Ils représentent, dis-je, la tendance de quelqu'un qui cherche Dieu,... et non pas la position de l'orthodoxie tranquille. En fait, les Notes renferment bien des choses qui ne peuvent venir
Si donc la physiologie générale est peut-être la branche de la science où les incroyants sont le plus nombreux, si on peut les rencontrer parmi ceux dont la valeur scientifique est incontestable, si même on en trouve un parmi les fondateurs; on voit néanmoins que les croyants ne font pas défaut, et avant même de saluer parmi eux Claude Bernard, on peut dire que, par la qualité, sinon peut-être par la quantité, ce sont eux encore qui occupent le premier rang.
§ 2. — La Neurologie.
A la Neurologie ou science des nerfs, on attri-
d'un croyant affermi ». Sur la croyance en Dieu, voici la position de Romanes : « Le raisonnement scientifique est incapable de fournir les bases adéquates de la croyance en Dieu. Mais le pur agnostique doit reconnaître que Dieu peut s'être révélé par d'autres moyens que le raisonnement scientifique. La religion étant faite pour tout homme, toutes les facultés humaines peuvent être requises pour chercher Dieu et le trouver » (ouv. cité). London, Longmans, 10' édit., 1904, p. 104). Nous compterons Romanes parmi les agnostiques, mais en notant qu'il est beaucoup plus près de la foi que de la négation.
Mathieu-Joseph-Bonaventure Orfila (1787-1853), ce chimiste qui fut doyen de la Faculté et président de l'Académie de Médecine, s'occupa surtout des poisons, eut beaucoup de vogue, exerça une influence considérable sur le corps médical ; mais il n'a attaché son nom a aucune découverte importante. « Les dévots le disaient bon catholique, la Congrégation ne le reniait pas; les opposants parlaient de son libéralisme; au fond, il pense comme nous, disait la coterie Périer, Foy et Ci# » (Germain Sarrut, et B. Saint-tdme, Biographie des hommes du jour Paris, Henri Knabe, 1835, t. 1, p. 373). Les auteurs semblant peu sympathiques au christianisme et à Orfila, on peut conclure, de leur témoignage ambigu, qu'Orfila était, fort probablement, un croyant.
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bue généralement comme fondateurs Charles Bell et Flourens, qui nous sont déjà connus. Au-dessous d'eux, parmi ceux qui ont bien mérité de la science, nous pouvons citer Broca et Van Gehuchten.
Paul Broca (1824-1880), outre ses grands travaux en Anthropologie, s'est beaucoup occupé de l'étude du cerveau, et a pris une part prépondérante dans les recherches sur les localisations cérébrales1.
D'une vieille famille protestante, « élevé dans l'habitude du libre examen », il est « arrivé peu à peu, nous dit-on, par une évolution toute spontanée, à l'émancipation complète de l'intelligence et à la libre pensée2 ». Mais il est resté respectueux des convictions sincères; il s'est montré « avant tout l'ennemi de l'esprit de parti, quelque forme qu'il put revêtir et qu'il vînt de gauche ou de droite. Il évitait avec soin les débats où les questions scientiliques sont mêlées à la religion 3 » ; ou il prenait le soin de marquer, en termes clairs, qu'elles s'en distinguent. Par exemple, s'il a beaucoup mesuré de crânes, il a eu soin de dire qu'il « ne peut venir dans la pensée d'un homme éclairé
1. Bouil^avd fpt, à cet égard, son précurseur; en 1825, il « fixait le siège du langage articulé, que Broca préconisait plus tard » (Corlieu, Centenaire, 504) Cette précision, du reste, a été, en eus derniers temps, remise en question, à propos des observations de Pierre Marie. Voyez La Semaine médicale, n°* des 23 mai, 17 octobre, 28 novembre 1906, etc.
2. Samuel Pozzi, Paul Broca, dans La Revue des cours scientifiques, 3' série, t. II 2 juillet 1881), 2.