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166 LES CHOYANTS Et LES l'Km.r.hS DE LA SCIENCE
commotion salutaire; mais il fallait bien se garder, dahs ce cas, de délivrer des attestations tendant à prouver que la guérison relevait d'une intervention miraculeuse. <t Vous n'en savez rien, ftous disait-il. Réservez vos attestations pour des guérisons instantanées de plaies, par exemple, du pour tout autre cas où il est sûr c{ue, seule, Une force surnaturelle a pu guérir votre malade ». Ce qui suffirait à réduire à néant l'atlirmation de M. S..., qui a prétendu, il y a quelques années, que Van Gehuchten ne croyait pas au miracle. »
§ 3. — La Neuropatholof/ è'.
Jean-Etienrte-Douiiniquë Ssquirdl (1772-1840) a créé en quelque sorte la science de la pathologie mentale ', tout en" continuant, à l'égard de ses
1. Oh cite quelquefois, comme Ili créai. iu- de celle science, au lieu d'Esquirol, son maître, Philippe PInel (1745-1826 . Celuici a joui, en son temps, d'une grande renommée; « on a peine, aujourd'hui, à crô*îre que les doctrines de Pinel aient pu régner officiellement dans nos écoles » (Triaire, 118). Son meilleur titre de gloire est d'avoir introduit plus d'humanité dans les hôpitaux d'aliénés : « on peut dire qu'il fut le premier médecin raisonnable qu'aient eu les fous » (Max Marie, ouvr, 'cité, IX, 307). Sa principale originalité à consisté dans l'usage qu'il a fait des mathématiques dans les questions de médecine (par exemple dans son Mémoire sur l'application des mathématiques au corps humain et sur le mécanisme des luxations). En médecine il se contenta de classer les maladies. « Je ne suppose pas, disait-il, qu'on ait assez peu de lumière pour croire qu'on pourrait, à l'aide de quelques médicaments, suspendre le cours d'une maladie aiguë oU chronique » (Cité par Triaire, 113). Nous n'avons pas cru que ce nom s'imposât à notre enquête. Nous n'oserions affirmer qu'il fût religieux. On nous dit cependant que « sa carrière fut consacrée tout entière à la cul-
malades, les traditions d'humanité qu'avait inaugurées son maître, Pinel.
11 se destina d'abord à l'Etat ecclésiastique, il entra au séminaire Saint-Sulpice; une circonstance imprévue l'en fit bientôt sortir et se donner à la médecine. Ses nouvelles études ne supprimèrent pas ses anciennes convictions « et il s'endormit du sommeil dut juste, dans leâ mains d'une religion sainte *j »
Jean-Martin Charcot (1825-1893) a surtout étudié le domaine qui s'étend entre l'état normal et la folie : l'hypnose, l'hystérie, les névroses. Il a renouvelé et, sur plusieurs points, créé cette partie de la science. Il a présenté des dons remarquables d'observation, de clarté, de méthode; il a eu surtout, et à un degré rare, dans ses livres comme dans sa parole vivante, le don d'autorité : il s'imposait, il faisait la conviction, sa parole était accueillie comme un oracle. « On le considérait partout, et ajuste titre, comme un innovateur d'une grande hardiesse, comme un professeur d'une grande éloquence et comme un chef d'école dont l'influence a été prépondérante ». Il « a mis de l'ordre et de la précision (trop* sur certains points) dans une foule de questions médi-
ture des sciences et à la pratique de la vertu ». (L'auteur anonyme de sa Notice dans Arch. gén. Médec, XIII, 1827, p. 627). Il était doux, modeste, très charitable. « Il fut arrêté et sur le point d'être traduit devant le tribunal révolutionnaire pour S'être opposé à l'extradition d'un grand nombre de prêtres et d'émigrés rentrés, que la Terreur avait l'ureés à se réfugier à Dicètre » {Ibid , 624).