Grasset, Idées méd
4. Cabanis, Rapports du physique et du moral de l'homme. Paris, Crapart, an X, 1802. F. Bérard, Doctrine d,es rapports du physique et du moral, pour servir de fondement à la physiolo-
Le livre de Cabanis a exercé une grande influence. « Je vous en prie, disait Schopenhauer, dans une lettre à son ami Frauenstadt, n'écrivez rien sur la physiologie dans son rapport à la psychologie, sans avoir pris le suc et le sang de Cabanis et de Bichat1». « En dehors d'erreurs physiologiques manifestes, et d'interprétations biologiques que la science actuelle n'admet plus, il est juste de reconnaître que l'œuvre de Cabanis fut une œuvre magistrale, très forte, de haute physiologie, et l'on conçoit la place importante qu'elle a occupée dans la philosophie médicale du temps2. »
Au point de vue philosophique pur, il fut dans, ses déclarations publiques violemment athée et matérialiste : « Le cerveau, disait-il, digère en quelque sorte les impressions et il fait organiquement la sécrétion de la pensée 3 » . « Je jure, disaitil, dans une séance scandaleuse à l'Académie des Sciences, je jure qu'il n'y a pas de Dieu4. »
Ces deux paroles résument l'opinion que le public a gardée sur Cabanis ; mais, fort heureuse dite a intellectuelle » et à la métaphysique. Paris, Gabon,
1. Cité par Pall Janet, article Schopenhauer et la physiologie française, dans la Revue des Deux Mondes, XXXJX (1" mai 1888) 35.
2. Paul Triaire, Récamier et ses contemporains, 477A-i8S2. Paris, J.-B. Bailiière, 1899, p. 263.