‹ La part des croyants dans les progrès de la science au XIXe siècleChapitre 123 sur 201 · Saintenoise, ibid · texte numérisé non relu

Saintenoise, ibid

contenue dans la seconde catégorie », celje des opportunistes. — Les hypocrite^ qui forment la troisième, sont « plutôt rares » ; ils ne constituent, dans le corps médical, qu'une p regrettable exception ». — <i Pour ce qui est des médecins de la quatrième catégorie, les croyants, leur nombre n'est pas aussi faillie qu'on pourrait le supposer; il semble même s'accroître depuis quelque temps, et il est peut-être supérieur à celui de la première K »

Nous n'ayons pas le moyen de contrôler ces conclusions; nous devons seulement noter que si, depuis quelque temps, la proportion des croyants augmente, parmi les médecins, c'est donc que, dans l'ensemble du siècle écuulé, elle a du être un peu plus faible qu'aujourd'hui.

En toute hypothèse, loin d'avoir « la valeur d'un axiome », « l'identité du médeciu et du matérialiste » est un préjugé de gens à courte vue.

§ 2. — La Médecine et la Science.

Mais « le vulgaire » ne se tromperait-il pas encore, en voyant, dans le médecin, « le type de l'homme de science » ?

Nous ne voudrions rien dire de désobligeant pour une corporation éminemment respectable et dans laquelle nous avons la douceur de compter beaucoup d'amis; mais... magis arnica veritas. Et la vérité, c'est que les médecins, comme tels,

\. SAiNTtNOiSE. ibid., 023 sq.

c'est-à-dire s'ils ne sont que des médecins, ne sont pas des savants.

Un fait pourrait suffire à le démontrer : il y a, à chaque génération, des milliers de médecins. Le département de la Seine en compte 4.393 *. Les Etats-Unis, 130.000 2. 130.000, pour une portion du globe et une seule génération du siècle! Or le monde entier, pendant le xixe siècle tout entier, a fourni quelques centaines de savants; mettons un millier, mettons deux mille, en recueillant tous ceux qui méritent une mention, si modeste soit-elle, dans l'histoire de la science; 2.000 d'un côté; 130.000 et plus de l'autre : il est clair qu'on ne peut pas, dans le premier nombre, faire entrer toutes les unités du second. C'est assez dire que, pour faire partie de la glorieuse phalange, le diplôme de docteur ne suffit pas.

Si l'on veut là-dessus l'avis des médecins, prenons au hasard un dictionnaire de médecine, et nous pourrons lire à l'article médecine : « La médecine est un art et non pas une science; car elle cherche un résultat pratique, et non une vérité scientifique ; elle repose sur des procédés individuels et par conséquent variables, et non sur des principes, ou des formules constantes : c'est l'art de guérir3 ». Même si tous les docteurs possédaient cet art à fond — ce qui jusqu'à ce

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