Legrand, Longévité
202 LES CROYANTS ET LES PROGRÈS foE LA SCIENCE
que l'ouïe» laquelle, comme la vue et le toucher, constitue un des tfoi^ sens les plus éminemment intellectuels1 *. La portée de ce sens nouveau a été incalculable. < 0 quantum difficile, s'écriait jadis un praticien allemand, ptilmonum morbos curare! 0 quanto dit'licilius eosdem dignoâcere » ! Depuis Laënnec, grâce aux enseignements de l'ouïe, cette seconde VUé du médecin, le jugement est aussi certain que facile... Laënnec est plus que l'inventeur d'un procédé d'investigation ■ il est le créateur d'une méthode; il est l'initiateur d'un mouvement scientifique qui dure encore» et grâce auquel la médecine, devenue positive, se râpproche de plus en plus des sciences exactes2. i>
Elle se rapproche aussi de plus en plus de son but, qui est de guérir, et parmi les innovations qui devaient Contribuer * de façon manifeste au maintien de la santé régulière et à la prolongation de la vie, il faut, en première ligne, citer l'auscul^tation% ». Laënnec a sauvé des vies humaines plus encore sans doute que Broussais n'en sacrifia.
Bref, par son génie et par ses bieftfàits, par l'œuvre accomplie de sort Vivant, Comme professeur et praticien, et par l'héritage qu'il a laissé, par l'orientation qu'il à donnée à la médecine, Laënnec est une de « nos gloires nationales4 »; La
i. BdùiLLAuD, cité par EitM. LaLloM, Laënnec, 2' édit., avec notes par Guermonprez. Lille, Desclée, 1802, p. 54.