‹ La part des croyants dans les progrès de la science au XIXe siècleChapitre 142 sur 201 · Voyez Grasset · texte numérisé non relu

Voyez Grasset

206 LES CROYANTS ET LES PHOGRÈ6 l)E LA SCIENCE

lui-même, un médecin, un professeur, un savant de grand mérite, après avoir parlé de l'admiration et de l'amour de Laënnec pour le Créateur, ajoute : « C'est une ressemblance de plus qu'il avait avec Bayh. La religion de M. Laënnec était, comme celle de ce dernier (c'est nous qui soulignons), douce et tolérante; elle pénétrait jusqu'au plus profond de son coeur pour en modérer et en régler leâ mouvements1. »

Guillaume Dupuytron (1777-1835) est « le plus grand homme qui ait traversé la soène chirurgicale... Toute la chirurgie porte la marque de son intervention 2 ». On est contraint de l'admirer, même si on ne l'aime pas. Et peut-être ne fut-il pas très aimable : « Détesté, décrié pendant sa vie, regretté après sa mort, manquant de l'éducation qui fait l'homme du monde, fort pauvre de l'instruction qui fait le savant, envieux jusqu'à la tyrannie... au regard dur, outrageant, au sourire dédaigneux et hostile, ne voyant dans les hommes que des censeurs ou de mortels ennemis, ne tolé^ rant jamais la contradiction, mais chirurgien remarquable, au coup d'oeil sûr, au jugement sain, à la main ferme, imperturbable dans les dangers, au diagnostic d'une rare pénétration, au maintien imposant, à la parole rare et grave... Tel fut Dupuy--

1. A.-L.-J. Bayle, dans Rev. méd. franr. et étrangère, IV, 98 sq. Triaire (Récamier, 232) témoigne aussi de la religion de Bayle, et M. Geoffroy de Grandmaison (La Congrégation, Paris, Pion, 1890. pp. 35 et 412) le mentionne comme l'un dea premiers adhérents de la fameuse Congrégation de la Sainte Vierge.

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