Voyez Triaire, 354 sq
. 5. Lettre de J. Renaut déjà citée.
temps entre l'organicisme ou le sensualisme, pour me servir d'une expression rajeunie, et le spiritualisme. Etrangers, pour la plupart, à la connaissance de l'organisation, les métaphysiciens exagèrent l'action des organes... Témoin de la lutte, nous dirons qu'aucune vérité n'est nuisible à l'homme, que les vérités physiques ne sauraient être en oppositon avec les vérités métaphysiques, morales et religieuses. » Plus les sens sont parfaits, mieux ils servent à l'action de l'âme, « et du sein de cette organisation mieux interprétée, jaillira, plus brillante et plus belle, la pensée immatérielle avec son caractère d'immortalité... Et à la vue de cette merveilleuse organisation où tout a été prévu, coordonné avec une intelligence et une sagesse infinies, quel anatomiste n'est pas tenté de s'écrier avec Galien qu'un livre d'anatomie est le plus bel hymne qu'il ait été donné à l'homme de chanter en l'honneur du Créateur1. »
A l'exemple des maîtres, les disciples de cette grande école, ne se cloîtrant pas dans les doctrines étroites du matérialisme, jugeant au contraire toutes les vérités utiles, s'élevèrent contre « toutes les doctrines exclusives : — brownisme, broussisme, organicisme absolu, etc. — en ayant le soin d'emprunter à chacune d'elles les éléments vrais qu'elles contiennent et de les
1. J. Crlveilhier, Traité d'anatomie descriptive. Paris, Asselin, 4° édition, 1862, Avant-propos, pp. vin, xxm, xxiv.
coordonner1 ». C'est ainsi qu'en faisant, pour la plupart, honneur à la foi, ils ont bien mérité de la médecine; et s'ils furent le petit nombre, ce fut à la façon des élites. Ce sont eux, de fait, qui, ayant les idées fécondes, sont devenus les instruments du progrès et les maîtres de l'avenir.
§o. — Autres grands médecins.
A la suite des grands noms que nous avons cités, d'autres enfouie, parmi les plus honorés et les plus dignes de l'être, pourraient s'ajouter à la liste des croyants :
Mathieu-François-Régis Buisson (1776-1805), le cousin et le collaborateur de Bichat, que sa grande foi avait fait surnommer « le père des croyants», et qui fut le premier président delà fameuse Congrégation de la Sainte Vierge 2 ; Guillaume-François Laënnec (1748-1822), l'oncle du grand Laënnec, son premier maître, et dont le nom reste la gloire de la Faculté de Nantes 3 ;
1. Dictionn. Dechambre. art. Histoire delà médecine, 2* série, VI, 196. John Brown (1735-1788) n'appartient pas au xix* siècle. Son système, le brownisrae, ramène toutes les maladies à un excès ou à un défaut d' « incitation. »
2. Voyez Geoffroy de Grandmaison, La Congrégation. Paris, Pion, 1890, pp. 28, 30, 66, 67.
3. Voyez Lallour, ouv. cité, 28-33. C'est G.-F. Laënnec qui, dans le discours de l'inauguration de l'Ecole de Nantes, en 1808, s'écriait : « Dieu de nos pères, si l'étude de mon art ne doit me conduire qu'à douter de ta puissance ; s'il faut que, dans ce corps fragile et périssable, je ne trouve plus cet instrument céleste de ma pensée, cette âme immortelle et libre que je tiens de ta bonté ; s'il faut qu'assimilé à la brute stupide, dégradé dans tout mon être, je reconnaisse des pen-
Jean-Noël Halle (1754-182^), l'un des premiers apôtres de l'hygiène, membre de la Société royale de Médecine avant même qu'il ne fût docteur ' ; E.-L. Heim (1747-1834); J.-A. RosChland (17(18- 1835)2;Christoph-WilhelmHuféland(l702-lB3(>), l'un des plus grands de l'Allemagne 3 ; Samuel- Chrétien-Frédéric Hahnemann (1755-1843), le fondateur très discuté mais dont on ne peut nier l'influence, de l'homéopathie4; Etienne Pariset (1770-1847), secrétaire perpétuel de l'Académie de Médecine5; James Gooles Prichàrd (1786- 1848), anthropologue en même temps qde médecin6; Antoine-Laurent-Jessé Laylé (1799- 1858), lé neveu de Gaspard-Laurent, l'un des
chants irrésistibles dans mon crâne et la cogitabilitè dans une huître ; ah ! rends-moi mon ignorartce ! ne permets pas que je blasphème ton nom. Je n'étudierai plus ». (Citéibid., 30.)
1. voyez Guvîër, Eloges, Ili, 345 sqq.; et l'Ami de la Religion, XLII (1824), 42.