‹ La part des croyants dans les progrès de la science au XIXe siècleChapitre 156 sur 201 · Voyez Dennert · texte numérisé non relu

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Théodor Billroth (1829-1894), « l'un des plus grands chirurgiens de notre temps1 »; Aristide- Auguste-Stanislas de Verneuil (1823-1896), à qui on attribue parfois les progrès delà forcipressure, et qui du moins compte à son actif de belles études sur le tétanos et la tuberculose 2. Just- Marie-Marcellin Lucas Championnière (1843- 1913), qui a le plus contribué à introduire en France l'antisepsie 3 ; Edouard Delanglade (1868- 1917), le brillant élève de Lucas-Championnière, le grand chirurgien marseillais, dont la foi profonde, l'humilité, la charité, le souci constant de la perfection morale, ne font pas plus de doute que la maîtrise opératoire S et qui fut déchiqueté par un 77 allemand, en première ligne, où il se

1. Nouveau Larousse, n, 84. Billroth est cité comme croyant par Den.nert, 52.

2. Donné comme croyant par Paulesco, Physiologie psychologique. Paris, Bloud, 4* édit., 1908, p. 115.

3. « Un ancien sous-secrétaire d'Etat nous fait part d'un souvenir personnel : « Je le félicitais un jour du grand succès avec lequel il faisait ses opérations chirurgicales. — Possible, me répondit-il, que mon habileté personnelle y soit pour quelque chose ; mais il y a une autre raison ; je n'enfonce jamais mon scalpel dans une chair avant d'avoir récité Notre Père et Je vous salue, Marie. » (La Croix du 30 octobre 1*^13.)

4. Une de ses citations à l'ordre de l'armée le signale comme : € Opérateur d'uae granJe valeur, d'une rare modestie. » « Le chef qui a écrit le texte de cette citation, dit Emile Sergent (Journal de médecine et de Chirurgie pratiques, 25 décembre 1917) a, decesdeux mots, montréqu'il savait juger les hommes»;. La dernière citation, qu'il reçut sur son lit de mort, renchérissait encore : « Chirurgien consultant de corps d'armée d'une très grande compétence, d'un dévouement et d'une activité sans limite, maintenu sur le front sur sa demande, toujours préoccupé d'améliorer le sort des blessés en rapprochant d'eux le plus possible les soins utiles, dédaignant le danger », etc.

prodiguait trop souvent. Pendant trois années de front et malgré le surmenage de ses fonctions de médecin-major de lre classe, il avait trouvé le moyen de communier chaque jour, comme dans la vie civile. En face de la mort, il dit simplement : « J'ai donné mon iils (tué deux mois plus tôt) à la France, je lui ai sacrifié ma vie. Je n'appartiens plus qu'à Dieu1. »

« Edouard Delanglade était chrétien, passionnément chrétien. Sa pensée et sa vie se mouvaient dans le sillage du Christ. Sa foi était absolue. Elle inspirait et guidait tous ses actes. Tout son effort tendait à se conformer aux enseignements de cette foi. Et plus d'un trait de son caractère s'explique par la sincérité et la vigueur de ses convictions2 ». Un prètre-inlirmier écrivait à sa veuve : « Pendant quatre mois, en Artois, il m'a servi la messe... et a communié tous les matins. Vous pouvez dire, madame, à vos chers enfants — à ceux qui vous restent — que leur propre père était un saint. Pour moi, je le considère comme tel... Je n'ai jamais vu réunies chez un seul homme autant de qualités et la vertu poussée à un si haut degré3 ». Et les lettres de ce ton abondent entre les mains de sa veuve.

1. Hippolïte Sivan, Edouard Delanglade. Marseille, Barlatier, sans date (191»), p. 57.

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