‹ La part des croyants dans les progrès de la science au XIXe siècleChapitre 161 sur 201 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

et non aux sentiments » et qui « l'impressionne par son poids. Elle provient de l'extrême difficulté ou plutôt de l'impossibilité de concevoir l'univers prodigieux et immense, y compris l'homme et sa faculté » de penser, « comme le résultat d'un destin ou d'une nécessité aveugle l ». C'est pour lui « l'argument principal. Mais je n'ai jamais pu, ajoute-t-il, trancher la question de savoir si cet argument a une valeur réelle2 ». Car ne peut-on pas dire que « le vieil argument du dessein de la nature... s'anéantit maintenant que la loi de la sélection naturelle a été découverte3 »? Et puis, il y a le problème du mal. « Il y a trop de douleur dans le monde... D'un autre côté, mon esprit ne peut se tenir pour satisfait, après avoir étudié les merveilles de la nature, et spécialement la nature de l'homme, de conclure que tout cela est un résultat de la force brutale. » Alors, le voilà « disposé à considérer toutes choses comme le résultat de lois voulues, dont les détails bons ou mauvais dépendent de ce que nous pouvons appeler la chance ». Et cette fois, le voilà bien près d'une solution, pour peu, qu'en gardant les lois, il fasse, dans leur application, la part d'autres lois plus hautes et de la Providence qui les dirige. Mais il s'en tient à la chance ; et il s'aperçoit bientôt que cette notion non plus n'est pas telle qu'elle le « satisfasse pleinement le moins du monde '. »

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