‹ La part des croyants dans les progrès de la science au XIXe siècleChapitre 17 sur 201 · D'après Kneller · texte numérisé non relu

D'après Kneller

2. A. de Quatrefages, Les successeurs de Darwin, dans la Revue scientifique du 12 juillet 1890, p. 34.

3. Louis Figuier, L'année scientifique et industrielle. Paris, Hachette, 1894, p. 611.

« II agrandit démesurément le champ ouvert par Cuvier ; les colonies lointaines d'Angleterre, les Etats-Unis lui fournirent des documents faits pour éclairer d'un jour nouveau le plan organique de la nature. Tous ces travaux sont marqués par une précision rigoureuse et une grande profondeur de vues *. »

Comme Etienne Geoffroy, Richard Owen a mis vivement en relief l'unité de plan, et il a conclu comme lui : « Une connaissance plus profonde de la véritable nature conduit un être doué de raison à se former une conception plus parfaite de sa propre origine et de son créateur... L'unité de dessein nous conduit à l'unité de l'intelligence qui l'a conçu. L'ignorance ou la négation de cette vérité jetterait sur la philosophie humaine un voile qu'il ne serait jamais permis de lever2. » Nous ne sommes pas seulement, dit-il ailleurs, en face d'une intelligence qui adapte les moyens à sa fin, mais encore d'une intelligence qui, dans la succession des temps et des circonstances, a prévu un changement de mécanisme approprié aux modifications des conditions extérieures. Et donc, la plus haute généralisation dans les sciences

1. La Nature, n° 1051 (4 mars 18931, 222, article non signé. « Il tomba cependant, dans la dernière partie de sa vie, dans une sorte de défaveur ; élève et ami de Cuvier, il n'épousa point les idées de Darwin sur l'évolution graduelle des espèces. La jeune école consentit bien à admettre la grandeur des services qu'il avait rendus dans l'anatomie comparée, dans diverses branches de la paléontologie, mais elle finit par le laisser dans une sorte d'isolement » (A. Vernier, cité lbid.).

2. Richard Owen, Principes d'ostéologie comparée. Trad. franc. Paris, Baillière, 1855, p. 11.

de la vie, comme les lois newtoniennes de l'univers minéral, nous conduisent à la conviction d'une grande cause première qui, sûrement, dépasse la mécanique1. »

Parlant de R. Owen en même temps que de L. Agassiz, M. Edm. Perrier a écrit : « L'histoire naturelle n'est, en somme, pour eux, qu'une série de tableaux présentant, sous divers aspects, la pensée de Dieu2. y>

Pierre-Jean Van Beneden (1809-1894) «peut être considéré en paléontologie comme un suc-

1. Richard Owen, Paleontology or a syslematic summary of extinct animais and their geological relations. Edinburgh, Adam and Charles Blach, MDCCCLXI, 451. Dans un autre ouvrage (A monography on the fossil Heptilia of Ihe Cretaceous formations. London, Paleontological Society, 1851-1864. p. 118), il exprime la même pensée avec ce beau passage de Buckland qu'il fait sien : « In this curious pièce of animal mechanism wc find a varied ajustement of ail parts and proportions of the tooth, to the exercise of peculiars functions, attended by compensations adapted to shifting conditions of the instrument, during différent stages of its consumption. And we must cstimate the works of nature by a' différent standard from that which we apply to the productions of human art, if we can wiew such examples of mechanical contrivance, united with so much economy of expenditure, and with such anticipated adaptations to varying conditions in their application, without feeling a profound conviction that ail this adjustement bas resulted from design and high intelligence n> (Buckland, Bridgewater treatease, vol. I, p. 1:49).

2. Edm. Perrier, La Philosophie zoologique avant Darwin. Paris, Alcan, 1884, Préface, p. X. Voyez aussi A. de Quatrefages, art. déjà cité.

cesseur du grand Guvier i ». Il « occupera la première place dans les annales de la Faculté des sciences de Louvain2 ». C'est, en effet, à l'Université catholique de Louvain que professa le Cuvier belge. Mais sa renommée avait franchi les frontières de la Belgique, et lorsque, en 1877, ses compatriotes organisèrent une manifestation en son honneur, les savants de tous les pays voulurent y joindre leurs hommages. Son « œuvre est immense, disait M. Blanchard à l'Académie des Sciences, et le temps que peut m'accorder l'Académie m'oblige à n'en rappeler que les traits les plus saisissants ». Nous abrégerons encore cet abrégé, et nous signalerons seulement la part considérable que Van Beneden a prise « aux études sur le développement des polypes hydraires, sur les générations alternantes », et surtout ses travaux sur les fossiles exhumés pendant les constructions des fortifications d'Anvers : là « il a fait jaillir bien des clartés qui intéressent à la fois la Zoologie et la Paléontologie 3. »

Il est inutile de dire que le professeur de Louvain était catholique. Mais il faut dire qu'il le fut avec le plus grand calme, la plus grande quiétude de l'esprit, unie à la plus profonde conviction et à la plus candide ferveur; et il traduisit sa

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