‹ La part des croyants dans les progrès de la science au XIXe siècleChapitre 170 sur 201 · Voyez ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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5. .Se expérim., 126-173 Rapport sur les progrès et la marche de la physiologie générale en France. Paris, Imprim impér., 1167, p. 223. Ce n'est pas à dire que la démonstration soit laite sur toute la ligne. < -Plus nous scrutons le» phénomènes vitaux, plus nous arrivons à nous convaincre que certaines manifestations auxquelles on avait cru pouvoir donner une explication physique ou chimique, sont en réalité d'une nature bien plus compliquée et narguent jusqu'ici toute espèce d'interprétation mécanique» (Bunge, cité par Boinet, 121 sq.). Par exemple, <;h. Bohr, Heidenhain, etc., ont montré que les échanges gazeux dans la respiration, les échanges du sang dans les tissus, et diverses sécrétions glandulaires, se font, dans le vivant, à l'inverse des lois physico-chimiques. Voyez aussi l'article de Grasset, La doctrine vitaliste de la vie, dans Revue des Deux Mondes, 5* période, L1V (1" décembre 1909), 629-657 Les diasta^es ne suppriment pas la difficulté voyez J. Duclaux, La chimie de la matière vivante. Paris, Alcan, 191Q, chap. v.

se comportent pas comme les corps inanimés ' ». Ce qui veut dire que les mécanismes qu'on y remarque ne sont pas toute la vie, ou plutôt ne sont pas la vie ; ils en constituent les manifestations, les phénomènes, ce qui tombe sous les sens de l'observateur, ce que la science peut y prendre. Tout cela se réduit à un transport de matière dans l'espace, et donc à la mécanique.

Et donc encore chaque phénomène de la vie organique pris à part, l'entrée de l'air dans les poumons, la contraction de tel muscle, la réaction des substances mises en contact dans l'estomac, etc., tous ces phénomènes s'exécutent comme les autres, par les forces physico-chimiques de la matière, obéissent à des lois fixes et relèvent de conditions précises déterminables. Mais leur ensemble, leur cohésion, leur harmonie, leur convergence, leur finalité indéniable, l'idée directrice qu'ils traduisent, la puissance d' organisation qu'ils révèlent, tout cela n'est plus de la mécanique, ni de la physique, ni de la chimie, ni de la physiologie, ni du déterminisme ; et c'est cela précisément qui est la vie, son essence, le « quid proprium de l'être vivant », la cause et non plus seulement la condition de l'activité

1. Se. expér., 51; — « Sans doute, il y a, dans les êtres vivants, quelque chose de vital qui leur est particulier ». (Revue des Cours scientif., 7* année, 19 mars 1870, p. 243.) — « Je ne suis pas de ceux qui appliquent brutalement la Physique et la Chimie à l'explication des phénomènes de la vie. Je crois même avoir prouvé qu'il y a, sous ce rapport, dans les êtres vivants, des modalités spéciales » (Annales de Chimie, 5* série, XI, 1877, p. 280). Voyez Physiol. génér., 192, 324, etc.

vitale, mais « la cause sourde » qui n'entend plus les interrogations de la science et ne lui répond rien1. « Il y a comme un dessein vital qui trace le plan de chaque être et de chaque organe, en sorte que, si, considéré isolément, chaque phénomène de l'organisme est tributaire des forces générales de la nature, pris dans leur succession et dans leur ensemble, ils paraissent révéler un lien spécial ; ils semblent dirigés par quelque condition invisible dans la route qu'ils suivent, dans l'ordre qui les enchaîne. Ainsi les actions chimiques synthétiques de l'organisation et de la nutrition se manifestent comme si elles étaient dominées par une force invisible gouvernant la matière, faisant une chimie appropriée à un but et mettant en présence les réactifs aveugles des laboratoires, à la manière du chimiste lui-même* ». « Si je devais définir la vie d'un seul mot, je dirais : la vie, c'est la création. En effet, la vie, pour le physiologiste, ne saurait être autre chose que la cause première créatrice de l'organisme, qui nous échappera toujours... En résumé, il y a, dans un phénomène vital, comme dans tout autre phénomène naturel, deux ordres de causes : d'abord une cause première, créatrice, législatrice et directrice de la vie, et inaccessible à nos connaissances, ensuite une cause prochaine ou

1. Voyez Leçons sur les phénomènes de la vie, t. I p. 51 sq.; Physiol. génér., 177, 178, 320; Se. expér., 52, 129, 130, 134,209, 210, 300, 301, 430; Mèd. exp., 104, 128, 147 sq., etc.

2. Se. expérim., 209. Voyez aussi Leçons sur les phénomènes de la vie, 51.

executive du phénomène vital, qui toujours est de nature physico-chimique, et tombe dans le domaine de l'expérimentateur1. »

« Dans les corps vivants, les forces directrices ou évolutives des phénomènes sont morphologiquement vitales, tandis que leurs forces executives sont les mêmes que dans les corps bruts2. »

On peut dire encore, pour exprimer le même fait : « La force vitale dirige les phénomènes qu'elle ne produit pas ; les agents physiques produisent des phénomènes qu'ils ne dirigent pas3. »

Bref 1 dans la vie, il y a la matière avec ses lois propres, et aussi quelque chose en plus; et c'est ce quelque chose qui fait vivre la matière.

Et tout cela cadre à merveille — non pas, certes, avec le spiritualisme de Descartes — mais avec celui des scolastiques, avec la théorie du « composé humain » issue d'Aristote et de Thomas d'Aquin. Tout cela, c'est du vitalisme si l'on veut; mais un vitalisme assagi, dépouillé des exagérations de Barthez, mis en plein accord avec les faits, et qui, par son fond, s'impose de plus en plus, malgré qu'on en ait, à toutes les écoles. « Nul doute que dans l'avenir — et cela est déjà fait dans les jugements prononcés sur sa tombe — ce médecin (Gl. Bernard) ne soit considéré comme un vitaliste, ayant recherché, selon les méthodes de son temps, les conditions physico-chimiques des fonctions naturelles... Dès qu'il a voulu abor-

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