‹ La part des croyants dans les progrès de la science au XIXe siècleChapitre 172 sur 201 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

5. « La physiologie, ainsi que nous l'avons dit, est une science expérimentale qui a pour but de conquérir la nature vivante et d'agir scientifiquement sur les phénomènes de la vie. Mais si des conditions matérielles spéciales sont nécessaires pour donner naissance à des phénomènes de nutrition ou d'évolution déterminés, il ne faudrait pas croire pour cela que c'est la matière qui a engendré la loi d'ordre et de succession qui donne le sens ou la relation des phénomènes; ce serait tomber dans l'erreur grossière des matérialistes » (Claude Bernard, Rapport sur les progrès, etc., p. 221, note 208)

heures, en minutes, en secondes, indiquées par l'horloge, réside dans les qualités de l'acide ou dans les propriétés du cuivre ou de la matière qui constitue les aiguilles et les rouages du mécanisme. De même, si l'on voit l'intelligence revenir dans un cerveau ou dans une physionomie auxquels on rend le sang oxygéné qui leur manquait pour fonctionner, on aurait tort d'y voir la preuve que la conscience et l'intelligence sont dans l'oxygène du sang ou dans la matière cérébrale1 ». Le sang, le cerveau sont des conditions, et non pas la cause. D'ailleurs « la matière, quelle qu'elle soit (brute ou vivante), est toujours, par elle-même, dénuée de spontanéité et n'engendre rien; elle ne fait qu'exprimer, par ses propriétés, l'idée de celui qui a créé la machine qui fonctionne. De sorte que la matière organisée du cerveau qui manifeste des phénomènes de sensibilité et d'intelligence propres à l'être vivant, n'a pas plus conscience de la pensée et des phénomènes qu'elle manifeste, que la matière brute d'une machine inerte, d'une horloge par exemple, n'a conscience des mouvements qu'elle manifeste ou de l'heure qu'elle indique; pas plus que les caractères d'imprimerie et le papier n'ont la conscience des idées qu'ils retracent, etc. Dire que le cerveau secrète la pensée, cela équivaudrait à dire que l'horloge secrète l'heure ou l'idée du temps2. » « En résumé, il ne faut pas confondre les causes et les conditions : tout est là. La matière n'est

Page 1