‹ La part des croyants dans les progrès de la science au XIXe siècleChapitre 174 sur 201 · Physiologie générale · texte numérisé non relu

Physiologie générale

tion, soit de la matière brute, soit de la matière vivante, nous échappe également1. »

Mais qui dit création suppose le créateur. Ce. n'est pas au savant de tirer la conclusion, c'est entendu. Mais Cl. Bernard recommandait à ses disciples de reprendre, en sortant du laboratoire, l'imagination qu'ils avaient dû laisser au vestiaire*, et aussi leur métaphysique. Et il en faisait autant. « Comme expérimentateur, disait-il, j'évite les systèmes philosophiques3 ». « Nous ne voulons pas... pour cela nier l'importance de ces grands problèmes qui tourmentent l'esprit humain, mais nous voulons les séparer, les distinguer, parce que leur étude relève de méthodes absolument différentes v ». La science sait qu'elle ne sait pas tout, et qu'elle n'a pas le droit de nier, pas plus qu'elle n'a le pouvoir de supprimer, ce qu'elle ne sait pas. Y prétendre, « ce serait fermer les yeux et croire que la lumière n'existe pas.

1. Physiologie générale, 321. Chauffard, La vie, 158 sq., proteste- vivement contre cétlfe conception : « Ce dédain et ce rejet des causes premières, parce qu'on ne peut pas les toucher de la main, me semble comme la sénilité de la science; l'amour exclusif du déterminisme et des causes prochaines est une pauvre faiblesse ». Mais les langues humaines sont faites de conventions; et puisque l'usage a prévalu d'appeler science l'étude des conditions ou, tout au plus, des causes prochaines, et philosophie celle des causes premières, il n'y a pas grand mal à se conformer à cet usage, pourvu qu'on sache ce que parler veut dire, et qu'on ne confonde pas l'abstraction avec la négation. Comme disent les philosophes, presciuder n'est pas exclure.

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