‹ La part des croyants dans les progrès de la science au XIXe siècleChapitre 176 sur 201 · Moigno, Les Mondes, XLV · texte numérisé non relu

Moigno, Les Mondes, XLV

courageait, au surplus, le bon accueil de ce paroissien de marque, il lui dit à brûle-pourpoint: « Docteur, ètes-vous toujours chrétien? » Et Claude Bernard de répondre sans hésiter : « Pas autant que je le voudrais, mon cher abbé; mais ne me blâmez pas trop : si vous voyiez le milieu dans lequel je vis, vous m'auriez vite excusé1 ». « Mon Père, disait-il au P. Didon, peu avant sa mort, combien j'eusse été peiné si ma science avait pu en quoi que ce soit gêner ou combattre votre foi ! Ce n'a jamais été mon intention de porter à la religion la moindre atteinte. — Votre science (répondit le Père) n'éloigne pas de Dieu, elle y mène... La Cause première, la science est obligée de la reconnaître à tout instant, sans pouvoir la saisir; et, à ce titre, la science est éminemment religieuse. — Oui, mon Père, vous le dites bien ; le positivisme et le matérialisme qui le nient sont, à mes yeux, des doctrines insensées et insoutenables ~. »

Sur son lit de mort, il disait : « Je veux mourir, dans la foi de ma vieille mère s ». « Quoique les médecins dont il était entouré lui fissent illusion et se fissent illusion à eux-mêmes sur la gravité de son mal, et qu'ainsi le prêtre (M. Castelnau, curé de Saint-Séverin) ait été appelé un peu tard, le malade jouissait de sa pleine connaissance à l'arrivée du ministre de Dieu, et il a

i. Joseph Bouteyre, dans L'Echo de Paris, 3 janvier 1914.

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