‹ La part des croyants dans les progrès de la science au XIXe siècleChapitre 178 sur 201 · A. Cornu, C. H. Acad. Se, CXXI (1893 2* sera · texte numérisé non relu

A. Cornu, C. H. Acad. Se, CXXI (1893 2* sera

o. Voyez, pour les deux citations, René Vallery-Radot, La vie de Pasteur. Paris, Hachette, 13" édit., 1911, p. 47; et pour les travaux de cristallographie, E. Dcclalx, Pasteur, 8-08.

Pasteur avait vingt-six ans.

Quelques années plus tard, il soutint, contre Pouchet1, au sujet des générations spontanées, une discussion qui passionna, dans l'Europe entière, les philosophes plus encore que les savants. Il mena la campagne avec un entrain, une maîtrise implacables ; avec une rapidité, une profusion, une magniticence, pourrail-on dire, d'expériences rigoureuses et péremptoires, qui démontèrent une à une toutes les objections. Si opiniâtre que fût la résistance, « il linit, selon une expression imagée de P. Bert, par encîouer tous les canons de son adversaire2 », et tous les témoins du début, même les plus récalcitrants, durent s'incliner devant la démonstration faite3.

.Mais déjà il s'était attaqué aux fermentations et aux microbes, et il avait ouvert la voie qu'il devait suivre jusqu'au bout, y laissant « une traî-

1. Malgré sa position dans cetle querelle, F'iix-Archimède Pouchet ; 1800-1872) « avait en borreur les matérialistes ». (Moigno, Les Mondes, XXX, 1873, t" volume, p. 2.) Son biographe d'ailleurs le montre religieux dans sa vie et dans sa mort. (Louis Boutillier, Eloge historique de F. A. Pouchet. Rouen, Deshays, 1878, p. 22.)

2. Berthelot, Science et Morale. Paris, G Lévy, 1897, p. 248. L'Académie des sciences, dans sa séance du 20 février 1865 [C. /(., LX, 1865, 1" sem. p. 396) adoptait à l'unanimité le rapport présenté par une commission composée de MM Baiard, président, Flourens, Dumas, Brongniard et Milne-Echvards, et dans lequel, après avoir discuté soigneusement Us expériences de Pasteur et les objections de ses adversaires, on concluait : « En résumé, les faits observés par M. Pasteur et contestés par MM. Pouchet, Joly et Musset, sont de la plus parfaite exactitud-e. »

3. On peut voir le résumé de ces démonstrations dans Duclaux, Pasteur, 111-152.

née lumineuse dans la grande nuit de l'infiniment petit1 », y accumulant aussi des résultats « pratiques », non seulement pour la science, mais pour la fortune publique et pour l'humanité.

Ses découvertes peuvent être rangées en trois séries qui s'échelonnent, se soutiennent et se complètent : « La première peut être formulée ainsi : Chaque fermentation est le produit du développement d'un microbe spécial. La seconde a pour formule : Chaque maladie infectieuse — celles au moins étudiées par Pasteur et ses disciples immédiats — est produite par le développement, dans V organisme, d'un microbe spécial. La troisième peut être exprimée ainsi : Le microbe d'une maladie infectieuse, cultivé dans certaines conditions déterminées, est atténué dans son activité nocive; de virus il est devenu vaccin 2. »

De ces trois formules, dont la fécondité scientifique et les résultats pratiques semblent inépuisables, c'est à peine si, avant Pasteur, on soupçonnait le premier mot3.

1. Renan, Réponse au discours de réception de Pasteur à VAcad . française.

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