Tàté par Vallery-Radot
2. Signalons une curieuse découverte en contradiction avec toutes les données de la science du temps, à savoir l'existence des anaérobies, c'est-à-dire d'êtres vivants qui n'ont pas besoin d'oxygène pour vivre, ou même que l'oxygène tue. Il a montré aussi la nécessité des microbes, comme H. Fabre celle des insectes : « Sans eux la vie deviendrait impossible, parce que l'œuvre de la mort serait incomplète ». (Cité par Vallery-Radot, 120).
262 LES CROYANTS ET LES flUMRÈS DE LA SCIENCE
L'élevage a bientôt son tour. Les terribles microbes attaquaient, sous des formes diverses, les animaux de la ferme. Le choléra ravageait les poulaillers. Le rouget, en un an, avait tué un million de porcs aux Etats-Unis1. En 181)1, la mi'adie du charbon prélevait 40 p. 100 sur les 106.260.000 moutons que possédait l'Australie2. En France, le fléau faisait, selon les régions, de 13 à 50 p. 100 de victimes. Le seul arro:: sèment de Provins lui payait une rançon annuelle de 300.000 francs3. La maladie des vers à soie ruinait le Midi de la France. Les pertes subies en vingt ans étaient de 1.500 millions4. Pasteur s'attaque à toutes ces maladies et, pratiquement, les supprime. Et Huxley pouvait dire, à la Société Royale de Londres : « Les découvertes de Pasteur suffiraient à elles seules pour couvrir la rançon de guerre de cinq milliards payés par la France à l'Allemagne en 1870". »
Son ambition allait plus loin. C'est dans l'homme surtout qu'il voulait livrer bataille à l'armée innombrable des microbes. Déjà nous l'avons dit, si Lister, en 1867, avait créé l'antisepsie, et, par là, arraché aux microbes tant de vies humaines, c'était en s'appuyant sur les idée Pasteur. Le grand chirurgien, qui était aussi un grand honnête homme, ne songeait pas à le nier :