Cité par Vallery-Radot
dehors de la cautérisation profonde et immédiate des plaies virulentes1 ». C'était le remède que préconisait Dioscoride, il y a deux mille ans. Depuis lors, la question n'avait pas fait un pas. Et les victimes n'avaient qu'à prendre patience ou à mourir.
Le 1er mars 1886, Pasteur affirmait, devant l'Académie, que, sur les 350 personnes mordues qu'il avait traitées, une seule était morte, une petite fille qu'on lui avait amenée trente-sept jours après la morsure — trop tard. 11 pouvait dire avec assurance : « La prophylaxie de la rage après morsure est fondée2 ». Et Vulpian la saluait comme « une des plus belles découvertes qui aient jamais été faites, soit au point de vue scientilique, soit au point de vue de l'humanité3. »
Après le désastre de 1870, Pasteur écrivait à un de ses élèves : « Ah! que ne suis-je riche, millionnaire, je vous dirais, à vous (et aux autres, mes élèves) : Venez ! nous allons transformer le monde avec nos découvertes4 ». Il fut assez riche de cœur, de vaillance et de génie, pour réaliser son rêve. Et les millions affluèrent à son Institut, quand il en fut besoin; et avec ou sans eux, un peu partout, les idées fécondes qu'il avait semées à mains pleines ont levé en une superbe moisson. Sous ses yeux, avec ses méthodes, en suivant « une voie où il n'y a plus qu'à marcher pour récolter