G. H. Acad. des Se, XCIII (1881, n
n'y en a dans tous les miracles de toutes les religions. » Et ces autres paroles qui devaient être gravées sur sa tombe : « Heureux celui qui porte en soi un Dieu, un idéal de beauté et qui lui obéit : idéal de l'art, idéal de la science, idéal de la patrie, idéal des vertus de l'Evangile l! »
« Son âme était profondément religieuse », et sa pensée, quand elle avait le loisir de se reprendre, « allait bien au delà de cette terre ». « Toute sa vie, il avait été pénétré des vertus de l'Evangile », et quand vint la maladie suprême, « il voulut, sans mystère ni ostentation », recevoir les sacrements de l'Eglise. Il avait gardé « la foi absolue dans une autre vie ». Pendant son agonie, « une de ses mains était dans la main de madame Pasteur ou de l'un des siens ; l'autre tenait un crucifix : « dans cette attitude, « très doucement, il expira 2. »
M. Le Dantec se console en disant : « II était croyant avant d'être Pasteur, et il l'est resté, quoique Pasteur 3. » En d'autres termes, s'il a été croyant, ce n'est pas parce que, mais quoique savant; sa science a été un obstacle, un obstacle surmonté mais un obstacle, et non un stimulant, de sa foi. On peut sans impertinence préférer, au moins là-dessus, à l'avis de M. Le Dantec, celui de Pasteur : « Gber maître, lui dit un jour un de
1. L'Officiel, 28 avril 1882, p. 2251 (Discours de Pasteur à sa \ réception à l'Académie française, 27 avril 1882).