INTRODUCTION
Ce n'est pas la faute des savants qui, là comme ailleurs, ont merveilleusement travaillé; c'est la faute de la matière sur laquelle ils avaient à travailler, matière que le passé leur léguait presque informe, en même temps que hérissée de difficultés colossales.
Mais nous n'avons pas à fournir d'explications, nous avons à dire la part des croyants dans les progrès des sciences naturelles au cours du xixe siècle1.
Or, après enquête, nous avons l'impression que la pensée de M. Sorel est exacte : les naturalistes sont moins généralement religieux que les autres savants. La phrase d'A. de la Rive donne à supposer qu'ils ne le sont pas seulement moins, mais qu'ils le sont peu, et par exception. En cela il se trompe, du moins s'il s'agit des grands naturalistes, de ceux qui comptent. Et s'il s'agit des plus grands, de ceux qui ont ouvert à la science les voies larges du progrès, des initiateurs : alors, les faits nous montreront qu'ici encore la plupart ont été des croyants.
sont absolument comparables. Le déterminisme des expériences faites sur les êtres vivants n'est donc pas du même ordre que celui des expériences de Physique et de Chimie. Il n'est pas possible d'éviter toutes les causes d'erreur ni même de les connaître » (M. Leclerc du Sablon, Les incertitudes de la Biologie. Paris, Flammarion, 1912, p. 177).
1. Voyez, pour plus de précision, Y Introduction que nous avons mise au premier volume.