‹ La part des croyants dans les progrès de la science au XIXe siècleChapitre 3 sur 201 · CUVIER, LAMARCK, E. GEOFFROY S AINT-HILAIRE · texte numérisé non relu

CUVIER, LAMARCK, E. GEOFFROY S AINT-HILAIRE

Dans la première moitié du xix6 siècle, trois noms se dressent, rayonnant à travers tout le vaste domaine des sciences naturelles : Guvier, Lamarck, E. Geoffroy Saint-Hilaire.

Georges -Léopold- Chrétien- Frédéric- Dagobert Cuvier (1769-1832) est surtout connu du public par ses admirables reconstitutions d'animaux, opérées avec les moindres débris d'ossements, avec une dent, par exemple, retrouvée dans le sol. Mais s'il a pu y réussir, c'est qu'il s'appuyait sur des principes éprouvés et sur une base expérimentale solide. Cette base et ces principes, il ne les avait pas reçus, il les avait établis pour la plupart.

b LES CROYANTS ET LES PROGRES DE LA SCIENCE

Son œuvre est prodigieuse. II a renouvelé la Zoologie de fond en comble. Il a créé l'Anatomie comparée, et l'a dotée de ces deux lois fameuses et fécondes qui s'appellent la loi de subordination des orga?ies, et la loi de corrélation des formes1. Il a créé la Paléontologie, et « la paléontologie des vertébrés repose encore aujourd'hui sur les fondements » qu'il a posés2. En Géologie, il a été le promoteur d'une doctrine et le chef d'une école « qui a obtenu le consentement unanime pendant un temps relativement long » et qui « est connue sous le nom d'école cataclysmienne3 ». On pourrait même dire que, s'il n'avait pas à découvrir l'Histoire naturelle, il en a du moins créé la vraie méthode, en ne se contentant plus, comme ses devanciers, de démêler, de distinguer et de classer, mais en s'efîorçant de généraliser la leçon des faits acquis 4.

1. C'est la loi de la corrélation des formes qui lui permit de réussir les reconstitutions dont nous avons parlé. Il c montra ainsi que l'on pouvait déduire de la structure d'une molaire, la forme de la mâchoire inférieure, celle des extrémités, celle des autres parties du squelette et, en un mot, l'organisation entière de l'animal » (Karl A. Zittel, Traité de Paléontologie, trad. par Ch. Barrois, Paris, Doin, 1883, t. I, p. 34). 11 a reconstitué 23 espèces de quadrupèdes fossiles inconnus à l'état vivant. (Cf. J.-B. Dumas, Discours et éloges académiques. Paris, Gauthier-Villars, 1883, II, pp. 20 sq.). Ses Recherches sur les ossements fossiles comprennent « les descriptions de 168 espèces de vertébrés fossiles » < .Marcel un Bocle, dans La Science française. Paris, Larousse, 1915, I, p. 293).

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