A. de Quatrefages, article cité, p
2. Armand Pommer, A. de Humbold. Paris, Dentu, 1867, p. 26. Cf. 26-32.
3. Correspondance de Alex, de Humbold avec Varnhagen von Ense, trad. par Max Sulzbebger. Paris, Bonne, 1860, passim. Anna de Lydow a publié à Berlin en 1907 les lettres de Humbold à sa femme où la note spiritualiste s'affirme, dit-on, davantage : mais que nous n'avons pas eues entre les mains. — Il faut d'ailleurs reconnaître que si Alex, de Humbold déclare ne vouloir prendre pour guide dans la science que l'empirisme, il avait ses raisons, qui étaient de réagir contre la manie, alors très répandue parmi ses compatriotes, de « construire un univers entier sur des a priori, des nombres et des formules » ; de réagir contre cette école des philosophes de la nature, « dont on peut juger les tendances d'après cette exclamation d'un de ses plus illustres fondateurs, qui, arrêté devant une maison en construction, s'écriait avec colère : « Comment est-il possible que les hommes bâtissent des maisons à quatre étages, eux qui n'en n'ont que trois : la tête, le corps et les jambes ». (Voyez Quatrefages, art. cité, 758.)
Si Humbold ne fut « pas précisément un chrétien dans le sens strict du mot », il fut du moins un « antagoniste décidé du matérialisme ' », ce qui veut dire qu'il a cru à l'àme et à Dieu.
Avec un peu de complaisance peut-être, mais de cette complaisance que les grands savants ne peuvent témoigner qu'à un très grand mérite, Humbold a proclamé Léopold von Buch (1774- 1853), son condisciple et son ami, « le plus grand géologue de son temps2 ». « La réforme de la géologie, les heureux changements que cette science a suivis, sont en grande partie son œuvre. C'était, avec cela, une âme noble et belle; ardent comme tous les hommes qui ont laissé une trace lumineuse dans les sciences, bon sous des apparences souvent austères 3. »
Sur l'attitude religieuse de L. de Buch, nous ne possédons aucun renseignement.
Le nom de William Buckland (1784-1856) est destiné sans nul doute à rester un des plus célèbres parmi ceux des géologues dont l'Angleterre peut s'honorer... Et l'on comptera toujours au nombre des plus beaux monuments de la science géologique le savant ouvrage qu'il a publié, en 1821, sous le titre de Reliquise diluvianœ 4 ». Mais
1. Dennert, Die Religion der Naturforscher. Berlin, Verlag der Vaterlàndischen Verlags und Kunstanstalt, 7* édit., 1908, p. 42.