‹ La part des croyants dans les progrès de la science au XIXe siècleChapitre 31 sur 201 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

En résumé, sur ces onze grands savants, il y en a un, L. de Buch, dont nous ne pouvons rien affirmer ; il y a un athée, Suess ; tous les autres furent des croyants.

D'autres géologues méritent d'être comptés parmi les initiateurs ; mais ils ont surtout attaché leur nom à telle où telle des sciences de la terre qu'il nous reste encore à parcourir, et où nous allons les retrouver.

LA MINE'RALOGIE

« La Minéralogie, considérée dans son acception la plus générale, est l'histoire naturelle des corps inorganiques ou minéraux1. »

Elle comprend ainsi dans sa sphère tout un règne de la nature, le même dont s'occupent la Physique et la Chimie ; et il arrive aux auteurs de la présenter comme un chapitre rattaché à l'une ou à l'autre de ces deux sciences. Les raisons ne manqueraient pas pour soutenir ce point de vue. Mais elles ne manquent pas, non plus, pour justifier une séparation. Tandis que la Chimie étudie la constitution intime des corps; tandis que la Physique recherche les lois qui président à leurs changements d'état et à leurs mouvements; la Minéralogie a pour but principalement de déter-

1. A. de Lapparent, Cours de Minéralogie. Paris, Savy, 1884, p. 1.

miner, à l'aide des conclusions de la Physique et de la Chimie, les caractères constitutifs des espèces minérales. L'usage, d'ailleurs, a prévalu de laisser en dehors de son domaine les produits de la vie et ceux du laboratoire, abandonnant les premiers à la Chimie organique, et les autres à la Chimie minérale; de sorte que, par Minéralogie, il faut habituellement entendre « l'histoire naturelle et descriptive des minéraux dont se compose la croûte du globe1 ». De plus, les procédés du minéralogiste s'écartent souvent de la rigueur expérimentale exigée par les sciences exactes, pour recourir à « un ensemble de caractères extérieurs dont l'appréciation exige avant tout ce qu'on appelle du coup d'oeil » ; et par là ils concordent avec « les procédés des sciences naturelles2 ». Enfin, c'est un fait que les minéralogistes, s'ils sont parfois des chimistes ou des physiciens, sont plus souvent encore des géologues; et comme nous avons à nous occuper des minéralogistes plutôt que de la Minéralogie, c'est des géologues que nous avons cru devoir les rapprocher.

Quoi qu'il en soit de cette question de méthode, la Minéralogie, s'appuyant sur les sciences physicochimiques, a dû attendre leur développement pour prendre elle-même son essor. Aussi est-elle encore jeune ; elle ne date guère, sous sa forme scientilique, que du xvine siècle.

Au xixe siècle, il faut saluer d'abord, parmi

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