Ibid
ceux qui, malgré leurs erreurs1, ont le plus contribué aux progrès de la Minéralogie, Abraham- Gottlob Werner (1730-1817). Il publiait, à 24 ans, son principal ouvrage (Von den aùsserlic/ien Kennzeichen der Fossilien, 1774), où se révèlent ses grandes qualités de sagacité et de logique. Dès lors, « tous ses efforts portèrent sur un seul objet, sur la seule Minéralogie. Mais cette science unique, fécondée par son génie, devint une science immense2 ». Dès 1780, en créant la nomenclature et en séparant la Minéralogie de la Géologie, il donnait à la science nouvelle une existence propre. Il a peu écrit; mais « il sut inspirer à tous ses disciples une foi aveugle dans ses doctrines3 ». Par les idées fécondes que popularisa son enseignement et par les élèves éminents qu'il forma au pied de sa chaire, il rendit à cette même science d'inoubliables services*. Ses élèves ont parcouru le monde, de la Sibérie au Mexique, du Vésuve aux Cordilières, « conduits par l'esprit de leur maître ; ils lui ont rapporté l'honneur de leurs travaux ; et l'on peut dire de lui, ce qui auparavant ne l'avait été avec vérité que de Linné, que partout la nature s'est vue interrogée en son nom5. »
1. Voyez L. de Launay, la Science géologique. Paris, Colin, 1905, p. 75.