‹ La part des croyants dans les progrès de la science au XIXe siècleChapitre 48 sur 201 · Gaudry, art. cité · texte numérisé non relu

Gaudry, art. cité

fiques sont, à cet égard, démodées; mais elles suffisent du moins à rendre témoignage de sa foi.

Joachin Barrande (1799-1883) a fait porter ses études sur le bassin silurien de la Bohême. Au début de ses recherches, le bilan des fossiles de cette région s'arrêtait à 22 espèces décrites; or, en mourant, il laissait au Musée de Prague 5.000 espèces, dont 3.560 avaient déjà été décrites et publiées par ses soins1.

Car son œuvre imprimée aussi est colossale. « Qui ne s'inclinerait avec respect devant la grande quantité de volumes in-4° qui portent son nom, même s'il en ignore le contenu?2. « A lui seul, le Système silurien du centre de la Bohême représente 22 volumes grand in-4° contenant 6.000 pages de texte, 1.160 planches et environ 100.000 dessins. Ils contiennent surtout, à foison, des idées, des faits, des découvertes ». II n'existe rien, comme étendue, de comparable, en paléontologie, à cet ensemble de travaux d'un seul savant3. »

Les hommes du métier admirent, plus encore que l'étendue de l'œuvre, la conscience impeccable, le soin du détail, le souci de l'exactitude, le culte du fait précis et contrôlé. En tête de ces imposants volumes, on lit comme épigraphe : « C'est ce que j'ai vu. Le témoin au juge. ~% Et

1. Voyez G. de La Vallée-Poussin, Joachin Barrande et sa carrière scientifique, dans Rev. Q. Scient., XVI (1884), 40.

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