LA BIOLOGIE
La Biologie peut se prendre au sens large ou au sens restreint. Au sens large, qui est le sens étymologique, elle se confond avec la science de la vie. Au sens restreint, considérée comme une science particulière et distincte, elle recherche les conditions et les lois auxquelles est soumise toute vie organique ; elle emprunte ses matériaux aux autres sciences, notamment à la Botanique et à la Zoologie. D'une façon comme de l'autre, l'histoire de la Biologie, pour peu que nous entrions clans le détail, nous placerait en face des mêmes savants que nous aurons à noter en tête de chaque
science particulière. Il nous suffira donc ici de nommer ceux qui ont constitué la Biologie au sens restreint, comme une science à part.
On attribue généralement cet honneur à Bichat et à Barthez1.
Nous aurons bientôt à reparler de Bichat, qu'on retrouve un peu partout dans les sciences de la vie.
Paul- Joseph Barthez (1734-1806) a « introduit en médecine la méthode inductive... qui devait rester la méthode scientifique et vraiment féconde de toute la médecine du xix° siècle2 ». 11 est surtout célèbre par sa théorie du vitalisme où, avec une grande richesse d'érudition et une grande puissance de dialectique, « il a transformé en doctrine des idées qui n'étaient encore qu'à- l'état de vocabulaire3 ». Le fond de cette doctrine est que <i l'unité vitale n'est pas le résultat, mais le principe du perfectionnement des organes4 ». Ce n'est pas parce que les organes se développent
1. Voyez Grasset, Idées médicales. Paris, PL n, PJ10, pp. 300- 302. 1s. Bourdon (ouv. cite, 288) exprime sans doute la même pensée, avec un terme différent, quand il dit : « La science que nous appelons proprement Physiologie n'a existé en réalité que du jour où parut l'ouvrage de Barthez, bien que ce mot fût déjà créé et que Barthez lui-même ne s'en serve pas ». Le mot de Biologie a paru, dans la littérature scientifique, en 1802, employé presque simultanément par Tréviramus et par Lamarck. Tréviramus n'a guère donné que le mot. Lamarck a donné une ébauche de la chose dans sa Philosophie zoologique. (Voyez H. de Varigny, art. Biologie, dans Dictionn. Physiologique de Richet, II, 211-217.)