Bourdon
4. Phil. Pojrrier, dans le Nouveau-Larousse, article Barthez, I, 731.
harmonieusement, se coordonnent et se subordonnent, que la vie existe; mais c'est parce que la vie existe, parce qu'elle exprime, Comme dira Cl. Bernard, une idée directrice, que les organes se développent et s'harmonisent. En d'autres termes, il y a une différence essentielle entre la matière vivante et la matière inerte et toutes les forces physico-chimiques ne suffisent pas à expliquer le fond de la vie. C'est vers cette conception > assagie d'ailleurs, mieux comprise et mieux démontrée, que la science, nous aurohs à le redire, a marché malgré elle, au fur et à mesure de ses progrès au long du xixe siècle. C'était, depuis toujours, une doctrine philosophique : le xixe siècle en a fait une doctrine scientifique.
En toute hypothèse, si l'on a passionnément discuté Barthez, nul ne conteste la place qu'il occupe dans l'histoire de la scierice.
Quant à sa religion, elle ne fait non plus aucun doute. « Dieu est célébré magnifiquement, écrit son frère1, dans plusieurs des écrits de Barthez, et quoiqu'il y dise avec justesse que nous ne saurions aucunement définir son essence, ou avoir des idées satisfaisantes de l'infini -... On doit
1. P.-J. Barthez, Théorie du beau dans la nature et les arts. Ouvrage posthume publié par so7i frère, avec la vie de l'Auteur, par B. de M. (sans doute Barthez de Marmorières). Paris, Léopold Colin, MDCCGVII, Vie de l'Auteur, pp. 36 sq. Voyez encore pp. 40 sq., et p. 3 où l'on raconte comment il avait touIu d'abord entrer dans l'état ecclésiastique.
2. Donnons un exemple : Dans l'ouvrage même auquel cette notice sert d'introduction, on peut lire, p. 375 : « Il nous est impossible de définir la nature de Dieu ; mais il nous est impossible de ne pas sentir, et en nous-même et dans la nature,
encore ne pas ignorer, Barthez l'ayant publié lui-même, que, peu de mois avant sa mort, il alla trouver M. Lalande, qu'il avait appris vouloir lui donner une place dans son Supplément du Dictionnaire des Athées1, pour lui déclarer qu'il regarderait comme un outrage dont il porterait ses plaintes au public, si cet écrivain s'avisait de le dénoncer comme capable de nier la divinité suprême ». Si l'on rencontre dans ses œuvres l'opinion que le principe vital peut se dissoudre à la mort de l'organisme, il ne faut pas oublier que, dans sa pensée, il est distinct de l'âme : « Lorsque l'homme meurt, dit-il, son corps est rendu aux éléments, son Principe de Vie se réunit à celui de l'Univers ; et son Ame retourne à Dieu quil'adonnéeetlui assure une durée immortelle2. t> A la suite des fondateurs, nombre de savants se sont illustrés dans la biologie. Parmi eux, du moins en France, il faut notamment signaler, pour son effort scientifique et pour la grande influence qu'il a exercée, Alfred-Mathieu Giard (1846-1902). Nous pensons, en avouant que nous ne l'avons point vérifié, qu'il faut le compter parmi les incroyants3.
qu'il existe un Dieu ». Et quelques lignes plus bas, la belle invocation qui commence par ces mots : « Etre des êtres! l'homme te doit l'hommage de tout ce qu'il est ; et de tout ce qu'il peut devenir. »