‹ La part des croyants dans les progrès de la science au XIXe siècleChapitre 64 sur 201 · Voyez dans la Première partie de notre étude, pp. 69 sq · texte numérisé non relu

Voyez dans la Première partie de notre étude, pp. 69 sq

2. P -J Barthez, Nouveaux éléments de la science de l'homme. Paris. Goujon, 2* édit., MDCCCVI, 339.

3. Pour ses titres scientifiques, on peut voir, par exemple, Geokgks Bohn, Alfred Giard et son œuvre. Paris, Mercure de France, 1910.

Ernst-Heinrich Hàckel (1834-1919) aurait pu être un grand biologiste : sa Generelle Morphologie (1868) en fait foi. Mais sa fureur anti-religieuse1 a gâté son beau talent, Fa jeté dans la darwinisme le plus échevelé, l'a conduit à des faux scientifiques perpétrés avec une étrange inconscience2, et l'a abaissé jusqu'à écrire ce livre des Enigmes de V Univers (1898) auquel la libre-pensée a fait un magnitique succès de librairie, mais dont Paulsen, un Allemand, disait : « J'ai lu ce livre et j'ai rougi de honte... Qu'un tel livre ait été possible, qu'il ait pu être écrit, imprimé, acheté, lu, admiré et pris au sérieux chez une nation qui possède un Kant, un Goethe, un Schopenhauer, c'est là un fait très douloureux3. »

La théorie cellulaire a renouvelé la Biologie, et il semble donc qu'il y aurait lieu d'en parler ici; mais dans l'ordre historique, elle a été introduite dans la Botanique d'abord, avant de s'étendre à la Biologie tout entière; et ces deux étapes sont dues à des auteurs différents, que nous aurons à nommer chacun à sa place.

1. Nous l'avons longuement étudiée dans notre Naturalisme devant la science.

2. On peut voir cette histoire résumée, avec les références a l'appui, dans la Rev. prat. d'Apolog., articles de Colin et Lapeyre, nV du l*r juillet 1909 (pp. 276 sqq.), et du 15 novembre 1909 (pp. 536 sqq.), et article de Lapeyre, n° du 15 avril 1911 (pp. 109-115).

3. Paulsen Ernst Hàckel als philosoph. Cité par Eue de Cïo>-, Dieu et Science. Paris, Alcan, 1910, pp. 330 sq.

LÀ BOÏANIÇjufc

§ 1. — Sus les voies anciennes.

La botanique à pour objet la connaissance méthodique et approfondie du monde végétal.

Elle comprend la Morphologie (ou science de» formes), la Systématique (ou classilicatiort raisonnée), l'Anatomie et la Physiologie. Ces quatre branches sont anciennes déjà. Ni Joseph Pitton de Toùrnefort (1656-1708), ni Charles Linné (1707-1778), ni Antoine de Jussieu (1686-1758), ni son frère Bernard de Jussieu (1699-1777), dont les noms sont inséparables de l'histoire de la botanique, ne rentrent, par la date où ils ont vécu, dans le cadre de notre enquête1.

Mais Antoine-Laurent de Jussieu (1748-1836) et Augustin Pyrame de Candolle (1778-1841) appartiennent au xix° siècle, et ils y apparaissent comme les principaux instigateurs des progrès de la Morphologie et de la Systématique.

A.-L. de Jussieu, tour à tour l'élève, le collaborateur et le successeur de son oncle Bernard, est « le premier botaniste qui ait apporté de grands

1. Tournefort se destina d'abord à l'état ecclésiastique; il n'y renonça qu'en 1677, à la mort de son père. Nous ne savons pas s'il garda par la suite la foi de son enfance. Les effusions religieuses de Linné sont célèbres. Quant aux Jussieu, « leurs sentiments et leurs habitudes religieuses sont bien connus. C'est un patrimoine de la famille qu'elle n'a pas plus abdiqué que la science » (Gte de Chàmpagny, ouv. cilé, 310).

perfectionnements au système naturel » de classification. Il est le premier qui « ait caractérisé les familles végétales. L'éloge pourra paraître mince aux personnes qui ignorent les difficultés que présente un travail semblable » ; mais son système a été, « évidemment, le point de départ de tous les progrès ultérieurs de la systématique naturelle1 ». Ses contemporains déjà l'avaient proclamé « le premier botaniste de l'Europe », « le législateur de la Botanique2 ». Son œuvre, au dire de Guvier, marque, « dans les sciences d'observation, une époque peut-être aussi importante que la chimie de Lavoisier dans les sciences d'expérience3. »

Aug. de Candolle était célèbre à vingt ans. A vingt-deux ans, il était agréé comme candidat à l'Académie des sciences. Il laissait en mourant la description et la classitication de 80.000 plantes. « La puissance de tète que supposent d'aussi grands travaux... honore l'espèce humaine entière... Il est le seul homme, depuis Linné, qui ait embrassé toutes les parties de cette science (la botanique) avec un égal génie4 ». « Aucun des botanistes qui l'ont précédé, aucun de ceux qui l'ont suivi, n'a su l'égaler » pour l'inlinie variété de ses travaux s.

1. Julius von Sachs, Histoire de la Botanique, du xxV siècle à 4860. ïrad. de Henry de Varigny. Paris, Reinwald, 1892, pp. 121-123.

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