‹ La part des croyants dans les progrès de la science au XIXe siècleChapitre 68 sur 201 · Dennert, 41. t · texte numérisé non relu

Dennert, 41. t

2. Cité par Dennert, 65. « Schleiden, dit E. de Cyon (ouv. cilé, 401), fut peut-être le premier à signaler le grand rôle que le Christianisme a joué dans le développement des sciences na-

Quanta Mirbel, son biographe consacre environ 80 pages à énumérer ses travaux, qui furent considérables; mais il n'y a que de brèves allusions à ses croyances. Mirbel, nous dit-on, fut élevé par son père dans les principes de Port-Royal, et il reçut de cette éducation « une trempe vigoureuse y> de caractère, dont il garda le bienfait à travers les épreuves de sa vie. On nous dit ailleurs qu'il « eut, au plus haut degré, le sentiment de la grandeur des œuvres de Dieu1 ». C'est tout. C'est peu ; mais assez tout de même pour nous suggérer que Mirbel fut un croyant.

Tandis que l'Anatomie est l'étude des organismes considérés au repos, la Physiologie les considère en activité. C'est la science des fonctions de la vie.

Les progrès de la physiologie végétale au xixe siècle se rattachent principalement aux études sur la fécondation des plantes.

C'est à Joseph-Gottlieb Koelreuter (1733-1 806) « que nous devons les connaissances les plus exactes que nous possédions » à cet égard, et « plus de cent ans ont passé gur ses œuvres

turelles, en les émancipant de la mythologie physique des anciens Grecs. Il a même prédit (dans, sa Grandzvge der Wissensshaftlichen Botanik. Leipzig, 1884) que les sciences chercheraient à détruire les dogmes du christianisme, à qui elles doivent leur origine. »

1. Payen. Eloge historique de M. de Mirbel. Paris, Bouchard- Huzard, 1858, pp. 8, 14 et. J5.

sans les vieillir1 ». Il ne s'est pas contenté d'apporter une plus grande richesse d'observations et d'introduire la rigueur expérimentale dans l'étude de la fleur et du rôle joué par ses divers organes ; il ne s'est pas contenté d'établir définitivement l'existence des hybrides, et de fournir à leur sujet de nombreuses découvertes qui, jointes à des observations récentes, ont permis d'en entrevoir les lois; il a ouvert aussi une grande route entièrement nouvelle; car, le premier, il a reconnu « l'importance que présentaient les insectes en tant qu'agents de fécondation2. »

Mais, sur ce dernier point, il laissait planer encore bien des mystères. Ils furent, pour la plupart, dissipés par un homme qui lui était « de beaucoup supérieur sous le rapport de l'originalité et de la hardiesse de la pensée », par « un chercheur à l'esprit génial », Christian-Conrad Sprengel (1750-1816)3.

D'autres savants depuis, et en grand nombre, ont fourni, sur la physiologie des plantes, d'admirables travaux; mais il faut mettre plus haut que tous les autres un homme qui a, semble-t-il, tout compris, tout discuté, tout coordonné, qui, par son enseignement, par ses expérimentations, par ses découvertes, a fait avancer la botanique à l'égal des plus grands initiateurs : Julius von Sachs (1832-1897).

Page 1