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98 LES CROYANTS ET LES PROGRES IiK LA SCIENCE
vertes de Mendet passèrent inaperçues1 ». C'est en 1900, seize ans après ta mort de leur auteur, qu'on les a enfin remarquées. Depuis lors* on les a étudiées avec autant de passion que de prolit. « Le Mendélisme est maintenant devenu un des chapitres les plus importants de la Biologie générale. Il a ses écoles, qui groupent toute une pléiade de travailleurs ». Il « a ses revues... et on pourrait caractériser en partie l'époque actuelle en l'appelant 1ère du Mendélisme... Lés travaux de Mendel méritent la désignation classique de Bahnbrechend (Perceurs de route). Quels que soient les enseignements et les surprises que nous réserve l'avenir, il faut admirer cette superbe efftorescence de recherches qu'ont fait jaillir, en une douzaine d'années, la méthode et l'hypothèse de Mendel2. »
Or, Mendel était un moine augustin. Grégor, le prénom sous lequel il est connu et dont il signait ses ouvrages, était son nom de religion (son nom de baptême était Johann).
Cette page sur Mendel était écrite quand nous avons lu, dans un ouvrage récent3 : « Après vingt ans de travaux qui l'avaient conduit à l'Académie des Sciences, le botaniste Charles Naudin, aidenaturaliste à la chaire de culture du Muséum, avait exposé, en 1863, les lois de ia transmission
1 E. de Cyon, 278.
2. Victor Grégoire, Les recherches de Mendel et les Mendelistes svr l'hérédité, dans Revue des Quest. se, LXXI (1912), 579, 629.
3. Edmond Perrier, France et Allemagne. Paris, Pctyot, 1915, pp. 239 sq.
héréditaire des caractères, quand on croise deux variétés distinctes de la même espèce. (Suivent des détails sur ces comptes rendus à l'Académie). Personne ne fait attention à ces propositions, si fortement étayées cependant. Mais voilà qu'en 1900, on découvre qu'un moine allemand (autrichien. Il est né à Heinzendorf, dans la Silésie) a publié, en 1866,... les lois mêmes que Naudin avait énoncées trois ans auparavant, après de longues recherches. Aussitôt les... xénophiles français... s'enflamment; leurs journaux publient le portrait de Mendel, il n'est question que de Mendel, de l'hérédité mendélienne et du mendélisme; de Naudin pas un mot. »
D'après l'auteur cité, un bon juge (le Directeur du Muséum et, à la date où paraît son livre, le Président de l'Académie des Sciences), Mendel devrait donc en bonne justice partager sa gloire avec Naudin et lui en laisser Ja meilleure part.
Mais Charles- Victor Naudin (1817-1899), s'il ne fut pas un moine, fut aussi un croyant1.
§ 3. — Autres grands botanistes.
A la suite de ces grands initiateurs, sur les routes qu'ils ont ouvertes à la science, il restait encore bien des voies latérales à découvrir. Là encore, les premiers ouvriers, pour la plupart, ont été des croyants.
C'est Heinrich-Friedrich Link (1767-1851) qui,
1. Voyez Moigno, Les splendeurs de la foi. Paris, Blériot et Gautier, 3« édit., 1883, 111, pp. 1460-1469.
le premier, met en évidence l'influence de la nature du sol sur la végétation. C'est Nicolas- Théodore de Saussure (1767- 1845) qui découvre la calorigenèse (la production de la chaleur) dans les plantes, et la montre en rapport avec leur respiration. C'est Heinrich-Robert Gbppert (1800- 1884) qui la signale dans la germination et la végétation1. Ce sont Karl-Friedrich Schimper (1803-1867) et Alexander Braun (1805-1877) qui créent la phyllotaxie (présentée d'abord sous le nom de « théorie de la disposition des feuilles2 »). C'est Adolphe-Théodore Brongniard (1801-1876), le fils d'Alexandre, qui fonde l'anatomie comparée des plantes et la paléontologie botanique3. Ce sont les frères Tulasne, Louis-René (1815-1885) et Charles (1817-1884), à qui revient « le mérite d'avoir fait le premier pas » dans l'étude des petits champignons, où se rencontraient « les problèmes les plus compliqués qu'il ait jamais été donné à la botanique de résoudre4». On peut