Voyez des citations importantes dans Kneller
effort sérieux qui a profité à la science. 11 vit « venir la mort avec le calme du chrétien et du sage... C'est dans l'accomplissement de tous ses devoirs de citoyen, de père de famille et de chrétien que M. le comte de Lacépède a puisé la force de faire une si belle mort. Les secours de la religion, dont il avait toujours accompli fidèlement les pratiques, sont encore venus ajouter aux forces qu'il trouvait en lui-même1. »
Pierre-André Latreille (1762-1833) a été surnommé « le prince de l'entomologie française » ; c'est à lui qu'on doit « les bases de l'entomologie rationnelle2. » Pour cette « branche de la Zoologie, Latreille est à jamais le véritable auteur de la partie méthodique* ». Mais, les insectes, s'ils ont eu la meilleure part, n'ont pas absorbé tout l'effort de ce grand travailleur, et ses autres travaux, disait sur sa tombe Etienne Geoffroy Saint-Hilaire, lui donneraient encore « des droits
1. Le moniteur universel, 14 oct. 1825, p. 1398. Voyez dans le n" du 25 février 1826, son éloge par Math. G. -Tu. de Villenave. On peut trouver, dans les oeuvres de Lacépède, des affirmations non équivoques de l'existence de Dieu et de la spiritualité de l'âme: Voyez, par exemple, Physique générale et particulière. Paris, Imprimerie de Monsieur, MDCCLXXX1I, tome 1, pp. 9, 72 sq, 169.
2. Max. Marie, X, 199. Cuvier se l'est associé et lui a confié le volume sur les insectes, dans son grand ouvrage sur le Règne animal distribué a" après son organisation (Paris, Fortin, Masson et C", sans date). « J'ai eu le bonheur, dit-il (Préface du t. I, p. kfiti), de trouver un secours qui, en rendant mon ouvrageinfiniment plus parlait qu'il n'aurait pu sortir de ma plume, en a beaucoup accéléré la publication. Mon confrère et ami M. Latreille, l'h< mme de l'Europe qui a le plus profondément étudié ces animaux, a bien voulu présenter en un seul volume... le résumé de ses immenses recherch s. »
au titre d'un de nos savants les plus distingués, alors même que l'entomologie ne placerait pas son nom au-dessus de tous les contemporains *. »
Or Latreille estime qu'il n'y a rien de tel comme la science qu'il cultive, pour élever vers Dieu la pensée; « car jamais la sagesse de l'Efre-Suprème ne se manifesta plus hautement que dans cet instinct admirable et si varié dont il a doué les insectes. S'il existait des apôtres de l'athéisme et des détracteurs de la Providence, je leur dirais : Approchez de cette ruche... » Et après en avoir décrit les merveilles, il s'écrie : « Expliquez-nous maintenant tous ces mystères avec des systèmes donnant tout au hasard, ou bien en admettant des lois sans vouloir en reconnaître le suprême ordonnateur2». Les lois qui régissent les sociétés des insectes,... forment un système combiné avec la sagesse la plus profonde, établi primordialement, et ma pensée s'élève avec un respect religieux vers cette raison éternelle qui, en donnant l'existence à tant d'êtres divers, a voulu perpétuer les générations par des moyens sûrs et invariables dans leur exécution, cachés à notre faible intelligence, mais toujours admirables3. »
Latreille d'ailleurs était un prêtre. En 1793, il fut condamné à la déportation comme « réfractaire ». Dans la prison de Bordeaux, où il atten-
1. Cité par Em. Blanchard, Métamorphoses, Mœurs et Instincts des Insectes. Paris, Germer-Baillière, 1868, p 32.
2. Latreille, Cours d'entomologie. Première année. Paris, Roret, 1831, pp. 20 sq.