‹ La part des croyants dans les progrès de la science au XIXe siècleChapitre 79 sur 201 · Hahn, ibid · texte numérisé non relu

Hahn, ibid

3. Edmond Perrier (Philosophie zoologiqve, p. 159) : « Le nom de Dugès est à peine prononcé, alors qu'il pourrait être mis à côté de ceux de Lamarck et de Geoffroy. Puissions-nous, dans ces quelques lignes, avoir contribué à réparer l'injustice involontaire des Zoologistes envers un des hommes les plus éminents de ce siècle. %

112 LES CROYANTS ET LES PROGRÈS liH LA SCIENCE

damentaux de la religion. En méditant sur ces innombrables merveilles qu'il passe chaque jour en revue, sur ces phénomènes si mathématiquement enchaînés entre eux, sur ces effets si admirablement liés à leurs causes que l'un de ces deux éléments suffit le plus souvent à la connaissance de l'autre, comment le physiologiste pourrait-il méconnaître l'influence créatrice d'une intelligence suprême? Comment repousserait-il la doctrine des causes finales, quelque dépréciée qu'elle soit par l'abus ridicule qu'on en a pu faire? Diderot ne voulait que l'aile d'un papillon pour convaincre un athée, et cet argument, dans sa bouche, n'avait certes pas la force qu'il aurait dans celle d'un naturaliste consommé. Mais que sera-ce si l'on porte son attention sur les organes mêmes qui sont principalement mis en cause dans cette grande discussion, sur ceux que l'intelligence de l'homme met en exercice? Les incommensurables produits de cette miraculeuse organisation permettront-ils de la regarder comme simple et grossière, comme l'ouvrage fortuit d'une aveugle attraction, d'une affinité comparable à celle qui réunit en cristaux l'acide sulfurique et la soude? Et s'il lui faut reconnaître dans l'univers une puissanceéminemment intelligente et pourtantinaperçue, inconnue, incompréhensible dans son essence, le matérialiste même ne se sent-il pas disposé à admettre quelque chose d'analogue dans son propre intellect, dont l'anatomie lui rend si imparfaitement raison? Ainsi considérée, la physiologie cessera d'être en guerre avec la religion ;

ainsi s'opérera cette alliance naguère proclamée par l'homme respectable à qui cet ouvrage est dédié (E. Geoffroy Saint-Hilaire) l. »

Johannès-Friedrich Blumenbach (1752-1840) est un des plus grands noms de la science en Allemagne. 11 s'est distingué dans la physiologie; on l'associe parfois à Guvier comme créateur de l'anatomie comparée2; mais il est sans conteste l'initiateur de l'Anthropologie au xixe siècle3. Or « l'unité du genre humain (titre d'un de ses ouvrages) est le grand résultat de la science de M. Blumenbach, et le grand résultat de l'histoire naturelle entière4 ». Un tel résultat conduit directement à la pensée du Créateur. De fait, Blumenbach fut un croyant3.

Alfred Russel Wallace (1822- ) fut un darwiniste avant la lettre. A l'insu de son émule, dont il ignorait les recherches, il conçut, lui aussi, et presque en même temps, l'idée de « la sélection naturelle », et l'un et l'autre, dans une même séance, communiquèrent à la société Linnéenne de Londres l'ébauche de leurs théories 6.

i. Ant. Dlgès, Traité de Physiologie comparée des hommes et des animaux. Paris, Germer-Baillière, 1838, t. I, Introduction, pp. vin sq. Voyez encore, pp 407 sq. et 425, l'affirmation de Dieu et du spiritualisme.

2. Voyez, par exemple, "YV. Ph. Schlmper, Traité de paléontologie végétale. Paris. J.-B. Baillière, I, 1869, p. 7.

Page 1