‹ La part des croyants dans les progrès de la science au XIXe siècleChapitre 83 sur 201 · Henneguy, ouv. cité · texte numérisé non relu

Henneguy, ouv. cité

Presque en même temps que Scheiden découvrait le rôle de la cellule dans les végétaux, Théodor Schwana (1810-1882) le signalait dans la vie animale. En montrant ainsi, dans la cellule, l'unité élémentaire, et, dans la constitution cellulaire, la règle générale de tous les êtres organisés, il fondait la doctrine qui « domine l'anatomie tout entière, puisque l'on sait maintenant que toute cellule naît d'une cellule préexistante, omnis cellula ex cellula, et que tout organisme, quel qu'il soit, commence par n'être qu'une cellule, omne vivum ex ovo M »

1. Debienne, dans Grande Encycl., art. Histologie, XX (1901), 150. Un journal « bien renseigné », annonçant la mort de Schwann, lui attribuait, entre autres titres de gloire, l'introduction du régime cellulaire dans les prisons! Voyez Rev. Quest Se., VXI (1884), 259.

On a tenté parfois de montrer, dans François-Vincent Raspail (1794-1878), le premier inventeur ou, du moins, le précurseur de la théorie cellulaire, si même on ne lui fait pas l'honneur de lui attribuer quelque paternité dans la microbiologie. Mais c'est à ton. « Raspail était un intuitif, il est vrai, mais cantonné dans l'a peu près, ne faisant aucune distinction entre les faits prouvés et les idées, souvent très saugrenues, qui lui passaient par la tête. On ne peut pas dire qu'il fut un génie, parce qu'en science le génie ne peut pas naître de l'imprécision. Quand Raspail ém ttait assez vaguement la théorie cellulaire, ^chwann démontrait rigoureusement que tous les êtres vivants s.int composts de cebules et que cesorganites de la vie proviennent les uns des autres ». (G. Bonnier, Revue Hebdomadaire, 14 septembre 1912, p. 161.) Raspail fut-il matérialiste? il ne semble pas. Elevé par l'abbé Eysséric, puis au Séminaire d'Avignon, il a dû en garder quelque chose; car, lorsque, en 1848, il fonda L'Ami du peuple, il lui donna cette épigraphe : « Dieu et Patrie, liberté pleine et entière de la pensée, tolérance religieuse illimitée, suffrage universel » (D'après Vapereau, 3* édition, 1865). Mais nous le rangerons parmi les incroyants, pour donner satisfaction à son bio-

La science des tissus, notamment, s'en trouva renouvelée, et Schvann fut pour l'histologie « ce que Bichat avait été pour l'anatomie générale *. »

Avec ces grands titres scientifiques, il en eut d'autres. Il fut « l'un des vulgarisateurs les plus habiles de la méthode expérimentale en physiologie 2 » ; il fit une foule de découvertes importantes, notamment celle de la pepsine comme ferment de la digestion stomacale, et celle de la nature organisée de la levure de bière, par où il mérite d'être compté comme un des précurseurs de Pasteur3. »

Schwann repousse le vitalisme. Il ne voit, dans l'organisme, qu'un agrégat d'atomes. Mais il reconnaît, dans l'homme, un principe substantiellement différent de la matière, et « cette dernière hypothèse, dit-il, que j'admets avec une pleine conviction, sépare nettement mon système

graphe, qui le donne pour un « fervent adepte de la libre pensée. » (Voyez Bibliothèque raisonnée de F. V. Haspail, précédée d'une Notice biographique, par ***. Paris, chez l'éditeur des ouvrages de F.-V. Raspail, 1880, p. n.)

1. Mathias Duval, Rev. Scient., XXX VII (janvier 1886), 74. Voyez aussi Paul Gervais, Zoologie. Paris, Hachette, 1866, p. 32.

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