‹ La part des croyants dans les progrès de la science au XIXe siècleChapitre 88 sur 201 · On pourrait disculer le sens a donner à ce dernier verbe · texte numérisé non relu

On pourrait disculer le sens a donner à ce dernier verbe

d'emblée nous semble-t-il, sans lutte ni hésitation, la foi tranquille de sa race.

C'est ce qui s'est répété à son dernier jour. « Il s'est confessé, nous écrivait sa veuve (24 février 1918), en pleine connaissance et a communié tout de suite après. Un instant après la communion, je lui ai dit : « Vous êtes bien tranquille maintenant? » Il m'a répondu avec un grand calme : « Oui1. »

1. En 1906, sous le pseudonyme de Sylvain de Saulnay, il a publié chez Lemerre un volume de vers : Ombres colorées, qui a émerveillé les critiques par la richesse du rythme, et les a intrigués par la couleur ondoyante et diverse des « Ombres » qui passaient sur l'écran. Ce n'est point dans ces énigmes qu'il faut chercher sa pensée, à moins que lui-même ne les explique. Voici ce qu'il nous en écrivait (22 mai 1906) : « Ce sont des Ombres, rien de plus qui ont d'abord flotté dans les espaces de mon esprit. Puis, en leur faisant boire un peu du sang de mon cœur vivant — comme fit Ulysse pour mieux voir le fantôme de son père Laërte — j'ai essayé de leur donner les colorations de la vie. Ceci au gré de ma fantaisie, au jour le jour, pêle-mêle. Ce n'est qu'en dernier lieu que je les ai rangées en ordre, et que, comme en la fameuse « Revue nocturne », je leur ai donné l'ordonnance qui paraît en ce volume. Que ressort-il de là ? De thèse, point. Il y a seulement ceci :

« J'ai aimé voir en leur forme, avec leur langage propre et soumis à la force dominatrice de leurs dieux, les peuples morts qui ont concouru, par leur âme personnelle, à former notre âme moderne. La Chaldée, l'Egypte, Chanaan, (mis la Helias, Rome enfin y ont concouru, et nous ont légué quelque chose. La légende dorée est venue par-dessus tout, et a unihé toutes ces empreintes ancestrales...

L'âme moderne, une fois formée de toutes ces pièces, elle a eu son poème et son tourment. J'en ai exprimé une partie dans la seconde rhapsodie de mon livre. Et en soulevant, là, un tas de problèmes, en agitant beaucoup de sentiments, lesquels ne sont pas les miens davantage, que ceux de mon voisin que j'ai vu les avoir et en faire son souci, sa joie, son

§ 3. — L'Embryologie.

L'Embryologie (on dit aussi Embryogénie ou Organogénie) s'occupe de l'embryon aux différentes phases de son développement.

La Cytologie restait encore bien incomplète et mélangée d'idées discutables, après les travaux de Schleiden, de Mirbel et de Schwann ; mais elle s'est rapidement dessinée et considérablement enrichie à la suite des études sur l'embryologie, dues surtout à l'école de von Baer.

Karl-Ernst von Baer (1792-1876) « peut être considéré comme le premier qui ait publié une classification purement embryogénique1 ». Il n'a

effort ou son tourment, surtout son tourment, tout autant parfois ou même plus que moi, j'ai vu et montré, très sincèrement, que tout se résume pour l'homme dans l'amour, le doute et l'espoir, la certitude imposée à son moi que ce moi est Psyché — atmân — ou l'âme ; que cette âme est en Dieu et que Dieu nous mène. Ceux qui trouveront autre chose dans ce que j'ai écrit se tromperont, et les critiques qui déjà m'ont classé parmi les panthéistes, se sont abusés.

« Du reste, Pâques fleuries, qui termine le livre, ne laisse aucun doute sur mon intime pensée.

« Maintenant, de quoi, me dites-vous, ces diverses strophes chanteuses sont-elles messagères? De rien du tout, véritablement ! J'ai voulu voir des Cananéens, des Aryas, des Grecs, des Romains tels que, réellement, à travers une histoire bien documentée peut les voir une âme moderne, héritière, pour la quote-part, de chacun. C'était un spectacle que je me donnais. Et de même ensuite celui des agitations de l'âme. Car c'est essentiellement pour moi seul que j'avais composé cela... Et je demeurai depuis 1895 hésitant à publier l'œuvre... Elle n'a donc été faite pour agir sur personne. »

1. Edmond Perrier, La Philosophie zoologique avant Darwin. Paris, Alcan, 1884, p. 264.

pas seulement classé les faits connus, il a découvert des faits nouveaux importants. 11 est en somme le « créateur de l'embryologie moderne ». D'ailleurs il ne s'y est pas renfermé. « Pendant plus de soixante ans, de 1814 à 1876, K.-E. von Baer, par ses admirables recherches, a grandement enrichi toutes les branches de l'histoire naturelle. Ses innombrables travaux zoologiques, embryologiques, anthropologiques, paléontologiques, géologiques géographiques, ainsi que ses études philosophiques, ont considérablement élargi et confirmé les conceptions biologiques de ses premières œuvres1. »

« Dans ses nombreux discours académiques et dans plusieurs de ses ouvrages, K.-E. von Baer eut l'occasion d'exposer ses conceptions philosophiques du monde. Elles témoignent d'une foi en Dieu très élevée et de convictions religieuses profondément enracinées2 ». Citons, par exemple, sa fameuse lettre à l'Académie de Saint-Pétersbourg, qu'il termine par une invocation à Dieu « trois fois très bon et très grand3. »

A la suite du fondateur il faut signaler deux grands ouvriers, Purkinje et Goste. Des sentiments religieux de Johann-Evangelist Purkinje (1787-1869) nous ne savons rien. Sa part de contribution à la science nouvelle est d'ailleurs consi-

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