‹ La partage des biens communauxChapitre 109 sur 179 · MOULINS · texte numérisé non relu

MOULINS

Pétition d^un habitant à la Convention.

[d mi>emkrt ijgs. — Ce citoyen, après avoir té&dié la Convention de ses décrets des ai, as et a5 septembre et du i3 octobre 179a, proteste contre Texécation possible de Louis XVI, contre Tagiotage des payeurs généraux. Il ajoute :J

Je me garderai bien encore de vous applaudir sur le partage des communaux, dont vous avez décrété le renvoi pour un temps

A93 PÉTITIONS ET MÉMOIRES (AOÛT i792-JUIN 179S).

trè8 ^loign^. S'il n'arrive pas de meurtres ou homieidet dans ee département pour ces objets, Ton sera très heureux ! Mais je puis vous assurer que les troubles et les disputes n^ manqpieront pas. C'est à vous, législateurs, de faire et statuer sur tous ees d)je(8 ce <{ue votre sagesse vous dictera. Quant k moi, je contracte l'engagement de vous observer tout ce que je croirai convenaMe pour la sAreté et tranquillité de mes concitoyens comme pour l'intérêt de la République. — LiiiBi, cifoyM.

[Arch.Dât.P^SSo.]

SAIllT-HILAiai(^).

Pititiùn d^jûUmaUerf à la Cmvm^m.

î 6 mat î jg3. — Citoyens représentants, quelques tableaui; effrayants que nous pourrions tracer à vos yeux sur notre misère présente, vous ne pourriez jamais vous le persuader qu'en le voyant par vous-mêmes. Un décret que vous avez rendu sur le partage des terres vaines et vagues semblait nous promettre un jour un asile pour ia vie, mais nous avons été trompés dans nos espérances; nous avons bâti, de bonne foi, de mauvaises cbaumières soutenues par des fourcbes et couvertes en baiai, pour nous mettre simplement h couvert jusqu'à ce que votre Comité eût fixé le mode des partages. Mais des égoïstes, sans aucun sentiment d^humantté, sont parvenus h obtenir des ordres du district de Montmarault^^^ pour nous en faire cbasser en mettant le feu et abattant nos tristes baraques, vrais repaires de la plus affreuse indigence.

baignez jeter, dignes représentants d'un peuple qui a mis toute sa confiance en vous, des regards paternek sur notre situation, et vous ne pourrez vous empêcher de voler à notre secours, secours plus que jamais désiré, étant dénués de tout et manquant mémo des premières nécessités de la vie. Que devenir, citoyens représentants, dans un moment aussi critique, exposés aux injures de l'air? pas un seul couvert pour aller reposer, un corps fatigué par un travail forcé pour pouvoir au moins suffire & alimenter une femme et les fruits de notre union ; nous n'avons certainement pas mérité un traitement aussi dur; nous avons toujours respecté vos déerets et nous nous y sommes toujours soumis en vrais et bons patriotes. Si nous avons conmiis un crime en nous établissant dans différentes

<*) Arr. de Moulin, cant. de Bourbon- ^*} Arr. de Montioçon, eh,-i. de €«»«•

rArchtmbault. ton.

ALUER. &3S

brandei et terres incultes, ee n'est que l'ignoraneo qui nous y a conduits, et non jamais par aucun mauvais dessein, La eonduite de nos ennemis ne peut qu'être odieuse k vos yeux parce qu'ils de» vaient, humainement et par charité, s'opposer A notre établissement et ne pas attendre que leurs terrains fussent cultivés en partie pour nous en faire chasser avec autant de rage que Ton en met è la poursuite des bétes dangereusee* Les sueurs que nous avon# ré«' panduM à cultiver une partie de ce terrain devraient-^Ues tourner à leur profit f Non , je ne puis le croire. Vous êtes trop justes , citoyens représentants, pour souffrir que nous soyons entièrement la proie de ces vautours affamés qui n'ont d'autres titres de propriété que l'insolence et la fortune. Oui, je ne puis trop vous le répéter, dignes représentants, vous avez rendu des -décrets sages et qui avaient pour but le soulagement du malheureux et une augmentation de salaire dans ses travaux journaliers; mais ces vampires, toujours altérés du sang humain, nous font supporter les charges qu'ils devraient, coaum riches, supporter en entier. Daignes, nous vous supplions, nous être favorables : nous ne vous demandons qu'un petit morceau^ de terre pour bâtir et pour pouvoir nous procurer une partie de notre nourriture. Si chaque individu qui est aussi misérable que nous possédait ou avait possédé ci*devant un terrain suivant ses forças, nous n'aurions sûrement pas éprouvé, cette année, une pa** reille disette. Nous sommes très respectueusement, citoyens représentants, les malheureux journaliers de la paroisse de Saint^Hilaire et autres eirconvoisines des districts de Montmarault et Gerilly, département de l'Allier.

Saos signature.

[Arch. iiat.,r*3a9.]

SUSSAT^'^

Pidîim de h municipalité à la QmmUitm.

[17 février ijos, •*- Procis-verbal par la mooieipeiité sur une démarabe d*un ceriain nombre d'habitants.]

... Ils nous ont représenté qu'ils s'étaient aperçus que quelques bourgeois vous avaient envoyé des pétitions pour empêcher le partage des communaux en vous représentant que les communaux faisaient un grand bien pour le pacage, qu'ils font nourrir beaucoup de bestiaux , ce qui fait que la viande est à meilleur marché.

(^) Arr. de Gannat,caDt. d*Ébreui].

424 PÉTITIONS ET MÉMOIRES (AOÛT 1792-Jl)IN 1793).

Mais ces habitants , citoyens, nous ont remontré que c'était bien le contraire, parce que, disent-ils, si les biens conununaux étaient partagés, comme cette terre est neuve, elle produirait une abondance de grains et de toutes sortes de denrées; que chacun pourrait laisser une partie du plus mauvais de son terrain en pacage; que ce terrain, en restant quelque temps en pacage, deviendrait bon parce que la terre deviendrait neuve; que, en laissant chaque année une petite partie de son terrain en pacage, cela ferait devenir les terres bonnes, ce qui ferait aussi nourrir beaucoup de bestiaux, parce que, présentement, les communaux ne font aucun bien qu'à ceux qui ont de gros biens, c'est-à-dire aux riches.

[Avis conforme de la maaicipdité, avec prière de déterminer le mode du partage.]

Quelques paroisses, citoyens, ont partagé et défriché leurs communaux sans attendre votre mode, ce qui fait beaucoup de jaloux dans les autres paroisses; les habitants blâment leurs officiers municipaux en disant que si les communaux ne sont pas partagés, la municipalité en est l'auteur, en disant même que nous avons caché le mode de la Convention nationale, que les autres paroisses ont bien partagé... Ces habitants, citoyens, nous ont déclaré qu'ils sont sans ouvrage et qu'ils vont s'attacher à défricher les communaux sans permission et sans mode, qu'ils conunenceront à travailler où bon leur semblera.

Ainsi, chers citoyens députés, nos très chers frères et amis, évitons la guerre autant qu'il sera possible dans l'intérieur. . .

Suivent 3 signatures de membres de la municipalité.

[Nota. — ] Nous vous prions, citoyens députés, de mettre dans le mode que les partages négligés à faire doivent être faits depuis plusieurs années, à cause des mineurs [qui] prendront dans les communaux chacun leur portion, comme ceux qui ont partagé leurs biens depuis environ le même temps, c'est-à-dire que les mineurs prendront leur portion conune leur oncle ou tante.

[Arch. nat.F"3a9.]

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