LOUHANS
Pétittm de la Société des amis de la liberté à la Ctmvmtim.
10 décembre ijgsà. — Citoyens représentants du peuple français, travailler beaucoup et parler peu est la tnaxime chëriedes pauvres pères de famille, signataires de cette pétition. Si nous n'avons pas de belles phrases à vous offrir, nous avons de bons btHB qui n'attendent que le signal de la loi pour Mconder des terrains vagues, jusqu'ici la jouissance exclusive du riche propriétaire 9 aa détriment du matheureuï cultivateur. Cependant nous sommes tous à vos yeuï les enfants de la patrie; ainsi nous revendiquons notre part des biens de notre mère commune. GrAoes soient déjà rendues à vous tout qtd avee décrété le principe du partage des biens communaux; mais la loi qui en suspend l'exécution nous lie, tandis que le crime du mono|K)le nous égorge à son Aise. Nous languissons dans la misère. D'affreuses disettes menacent de nous engloutir de temps en temps ^ tandis que des milliards d'arpents de terre sont sans culture, et des millions de bras sans travail. Quelle joie d'offrir à nos enfants, au retour de leur campagne, un pain que notre propre champ aura produit! et ces enfants, qui iont aussi ceux de la République, nous aideront à gouverner le soc de la charrue pendant la paix et terrasseront durant la guerre les ennemis de notre sainte liberté.
Législateurs ! Notre bonheur et celui de nos enfants sont entre vos mains. Le salut et la prospérité publique dépendent de vous. H&tes-vous de rendre le décret sur le mode et l'exécution du partage communal; vous rendrez heureut dix millions de citoyens qui, en fertilisant ces terres incultes , apporteront toujours l'abondance dans f État et vous combleront de bénédictions.
Suivent &6 sigitaturos. . [ Areh. n«t. , F*' 383. ]