DIRBGTOIRE DU DISTRICT DE BOURMONT ^^K
g avril îjgst. — . . .La question essayera beaucoup de contradictions ^ les différentes localités présentant presque toutes des moyens opposés et différents. La preuve en est acquise par les renseignements que les cultivateurs consultés nous ont produits. De douze auxquels nous nous étions adressés, trois seulement ont répondu et les trois opinions se présentent sous trois aspects différents. Il conviendrait donc d'avoir égard à la qualité au sol, à la quantité de ces biens possédés par les communes et au nourri le plus convenable en chaque endroit. L'une possède des terres en
(^} GommoniquéM, aian que l«s pré- ^'^ Bourbonne- les -Bains, arr. de
cédents renseignements, par M. Patry, Langres, ch.-l. de canton,
archiviste dëpartemental. ^^ Arr. de Ghaumont, ch.-l. de ran-
('} Procès-verbaox dans Arch. nat., ton. F^' III , Hautc-Mamo, A.
pâquis ou prës, elle a sûrement eu assez de connaissance pour lui indiquer qu'elle pouvait faire un nourri en bétes à cornes qui s'élèvent à peu de frais jusqu'à leur accroissement et qui fournissaient une branche de commerce aux laboureurs industrieux et aux autres habitants à même défaire cette petite avance, qui, avec des soins et un peu de temps, pouvait leur procurer un profit qui les excitait à un nourri annuel, dont la société tirait un avantage sans s'en apercevoir, par l'abondance des bestiaux qui, nécessairement, en réduisait le prix, tant pour le labourage, que pour le comestible. Ces sortes de fonds partagés donneront une facilité à un pauvre manœuvre de nourrir une vache , parce qu'il pourra conserver une une partie de la portion qui lui arrivera dans le partage pour nourrir sa vache pendant l'hiver. Mais de ce bien, il en résultera, supposition faite, que la part qui lui reviendra sera suffisante pour entretenir sa vache, que cela donnera à ce particulier l'aisance de
f)Ouvoir la nourrir et d'en profiter pour le soin de sa famille. Voilà e bien particulier. Mais le général ne peut manquer d'en souffrir. Ce particulier pauvre ne pouvant augmenter son nourri attendra avec impatience que le veau que sa vache lui procurera ait atteint quinze jours pour le vendre et se procurer au besoin, ne pouvant se dispenser de manger son bien en herbe, ce qui causera une atténuation de provisions et interceptera le conunerce de chaque commune. Gonséquemment dans ce premier article, le bien général paratt mériter la préférence sur le particulier; et toute commune qui ne possède pas, en pâquis, un terrain suffisant pour procurer à chaque particulier deux fauchées de prés, il paratt qu'il serait plus avantageux de laisser ces biens en conunun pour la pâture et l'entretien d'un nourri qui puisse fournir à la consommation ordinaire.
D'autres communautés possédant différentes espèces de fonds, une partie en pâquis , une autre en terres , non cidtivées , mais en si petite quantité que le partage ne peut s'opérer, chaque particulier n'aurait pas six pieds de terrain en largeur, sur douze en longueur, et la municipalité qui n'a d'autres revenus se trouverait sans aucune ressource en ne procurant aucun avantage à chaque individu. Dans cette circonstance, on ne peut se dispenser de laisser cette mince ressource à la municipalité , en lui permettant d'amodier, pour six ou neuf ans, les parties de ces terrains qui ne sont pas indispensablement utiles à toute la commune pour frayer aux frais journaliers auxquels elle est assujettie.
Le troisième fait devient différent et présente d'autres observations. Il se trouve quelques municipalités qui possèdent un terrain
en pâtis assez étendu et un grand nombre de terres incultes qui, par leur culture, pourraient devenir d'un plus grand rapport et donner par là une aisance à chaque particulier qui le mettrait à même de subvenir au besoin de sa famille. Ce moyen semble donc engager à faire un partage de ces terres pour l'avantage qui pourrait en résulter, mais si Ton veut prendre la défense contre ce partage, on trouvera des moyens qui militeront avec force, le premier, c'est de dire que le partage ne peut s'effectuer que pour un temps, sans quoi, dans un demi-siècle, la totalité de ces biens se trouvera réunie dans trois ou quatre familles, et, pour en démontrer la preuve, nous présentons un père qui a dans la commune quatre fils établis. Dans le partage, il a sa part,. ses quatre fils la leur. Il meurt, deux de ses fils meurent aussi sans postérité. Voilà déjà cinq parts sur la tête de deux. L'alliance des enfants de ces deux chefs peut rassembler encore dans la même famille deux et trois parts provenant des femmes qu'ds auront épousées. Leur aisance n'aura pu encore leur procurer l'acquisition d'autres portions de ceux qui ne peuvent rien conserver, par leur peu de conduite.
Un second moyen est, dans ce partage, de diminuer l'entretien et le conuuerce des bêtes à laine, que la suppression des troupeaux à part a anéantis, et dont la nation s'apercevra à son grand préjudice de la diminution, ainsi que de l'augmentation des laines 3uî est déjà portée à un tiers en sus du prix ordinaire , et de celle e la viande qui se fait déjà sentir partout. Le meilleur système est celui où il se rencontre le moins d'abus. C'est donc à la prudence du département à démêler le parti le plug avantageux. Nous avons cherché à lui démontrer le mal et le bien, et nous laissons à sa sagesse le choix qu'il croira le plus rapproché du bien général qui doit l'emporter sur le particulier.
Les administrateiu^ : Blanchblaine; Henry; Huot; Pernot.
[Arch. de la Haute-Marne, L n' 99 provisoire.]