‹ La parthénogénèse naturelle et expérimentaleChapitre 7 sur 77 · Les chromosomes dans la parthénogénése · texte numérisé non relu

Les chromosomes dans la parthénogénése

Nous venons de voir que, dans les deux premiers cas de la parthénogénése naturelle, le nombre des chromosomes restait normal. Mais dans le troisième cas et dans la parthénogénése expérimentale (sauf dans le cas exceptionnel de VAsterias gîacialis) il n’en est plus de même, et nous devons examiner ce qui se passe dans ces circonstances.

Le nombre de chromosomes se trouvant réduit de moitié au moment où l’œuf entre en segmentation, deux cas peuvent se présenter : ou bien ce nombre se rétablit par autorégulation, on bien il reste réduit, et l’on est en droit alors de se demander ce qu’il deviendra dans les générations parthénogénétiques successives.

Les observations sont encore peu nombreuses sur ce sujet. Chez certains Insectes, tels que les Tenthrèdes et les Cynipides, où le nombre de générations parthénogénétiques est considérable, on a pu constater (Henking, Doncaster) que, dans les deux divisions maturatives, les chromosomes se scindent longitudinalement, de sorte que leur nombre n’est pas réduit. Dans d’autres cas, comme chez l’Abeille, il se produit ce qu’on peut appeler une régulation préventive. L’œuf parthénogénétique, après avoir émis deux globules polaires, possède un nombre de chromosomes réduits, et il reste réduit dans l’insecte qui en naît, c’est-à-dire dans le faux bourdon. Si, dans la spermatogénèse de ce faux bourdon la maturation se produisait de façon normale, les spermatozoïdes auraient un nombre

LES PHÉNOMÈNES CYTOLOGIQUES

de chromosomes de moitié plus petit encore, et la seconde génération d’Abeilles s’en ressentirait. A la longue, le résultat serait le même que dans le cas de nombreuses générations parthénogénétiques. Mais dans la spermatogénèse du faux bourdon, une des divisions réductrices est supprimée, et ainsi la diminution indéfinie est empêchée par avance *.

Dans la parthénogénèse expérimentale, on n’a jamais pu jusqu’à présent élever plusieurs générations successives, mais ce qu’on a pu voir en comptant le nombre de chromosomes chez des larves parthénogénétiques fait plutôt penser que la régulation intervient dans cette première génération-même.

Ainsi, Delage a constaté (1899 et 1901) que, dans les Échinodermes, il y a au début, chez les embryons parthénogénétiques, moitié moins de chromosomes que chez les embryons provenant d’œufs fécondés, mais que plus tard, le nombre de chromosomes devient normal par autorégulation-.

D’un autre côté, Tennent et Hogue arrivent à une conclusion opposée, bien qu’ils aient trouvé le même nombre de chromosomes dans les œufs non fécondés d’Échinodermes et dans les œufs fécondés,

Page 1