DEUXIÈME PARTIE. — CIIAPITIIE PUE
encore que dans lous ies cas où in valeur de la prestation de l'ouvrier n'augmenterait pas, la participation ne semjt pins justifiable (1).
Cette position n'est pas défendable : la vi^rité se trouve ailleurs.
L'ohjection dont nous nous occupons part de ce postulat que toute ri^muniîration à laquelle ne répond pas une contrepreslalion en travail n'a pas de caractère économique. Plus brièvement, un économiste reprenant un mol classique, qualifiait toute rémunération de ce genre dW earncil incrément, de plus-value imméritée.
Dans' la plupart des modalités du salaire, en effet, le prix du travail est déterminé antérieurement à toutes les opérations de la production, sur l'unique base de la quantité ou de la qualité d'ouvrage à fournir. Tous les perfectionnements du salaire (salaire à la pifxe, à la lâche, à l'entreprise, primes, etc.), ont eu pour objet d'accroilre l'elTet utile de l'ouvrier.
Mais les eliangemenls profonds qui se produisent pro-j gressivemcnl dans les relations entre employeurs et sal ries tendent à ajouter à ce facteur purement écoQomiqwj de la détermination du prix du travail une base nouvelle nous tenterons dans une autre étude de dégager les tr> essentiels de celte évolution du salariat, dont l'Angleten présente les phases les plus complètes : qu'il nous sotf
()) Subaiiliairement, on pourrait ae demander : » Si la part de b«n4 ne remimêre pas le supplément de lèle de l'ouvrier, par quoi e ment esl-il, le cas échéant, rémunéré? i Mais on doit bien se Bouvenirf^ comme nous le muntrurons plus loin, le régime partlclpatioaoiste ne |i voqne pas de la part des ouvriers un TériEable aiiHraiiail ; il les p ft mieux tMvaiUer. Par son essence même, cet effort ne peut dono^l isolé ni rémanérÉ : il est de ]a même naliire que relui proToqué parfl surveillance bien orgonisee. D'ailleurs si l'ouvrier travaille mieux, ff possible que aotl siiliiiri.' pur et simple s'en ressente.
de rappeler ici que, dans ce pays surtout, les ouvriers ont, dans la plupart d^s grandes industries, fait prévaloir ce principe que leurs salaires doivent varier d'après la situation des affaires.
Un des arrangements les plus caractéristiques qui aient été pris en vue de réaliser ce principe est le systîîme de Véchel/e mobile. Dans cette combinaison, on adopte comme <( zéro » de Téchelle des prix le prix do vente du produit à une certaine époque, et comme « zéro » de réchelle des salaires le salaire à la même époque ; on établit divers degrés de variation des prix, puis on détermine pour chacun de ces degrés dans quelles proportions le taux des salaires devra s'élever ou s'abaisser (voir annexe Vil, un exemple d'échelle mobile).
Un autre arrangement, moins connu, est celui des « alliances » : dans certaines industries du district de Birmingham, les patrons et les ouvriers ont, depuis 1890, conclu une série d'accords visant entre autres choses à « régler les salaires d'après les prix de vente ». Un comité mixte, composé en nombre égal d'industriels et d'ouvriers, doit fixer les prix de vente aux moments les plus opportuns; en 1896, 4626 ouvriers virent ainsi leurs salaires majorés de 10 0/0, 460 de 5 0/0 et 1 50 de 3 3/4 0/0 (1).
Mais en dehors de ces systèmes particuliers, il se produit couramment — même dans les pays moins avancés que l'Angleterre, bienqu'àundegré incomparablement moindre — un phénomène absolument identique. Aussitôt que « les * affaires vont bien », ne voit-on pas les ouvriers solliciter et souvent obtenir une augmentation de salaires ? En Angleterre, cette façon de procéder est consacrée par de
(1) Voir Fourth Annual Report on Clianqes in wages and hours of labour (publication du Labour Department d'Angleterre), p. XXX VI.