‹ La participation aux bénéfices: contribution à l'étude des modes de rémunération du travailChapitre 8 sur 53 · PREMIÈRE PARTIE. CHAPITRB n · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. CHAPITRB n

inattaquable de quelque côté que cf; soit, du côté des capitalistes ou du côté des ouvriers, ce principe devait ôire posé de la manière suivante : après paiement aux ouvriers des salaires fixés au taux de la Trade-Unionet au propriétaire du capital des intérêts au taux convenu, le bénéfice net sera réparti entre le travail et le capital suivant la valeuf respectivede chacun etdana la proportion duservice rendu par chacun. Exemple : dans une entreprise qui aura payé mille livres sterling de salaires aux ouvriers pour la loca tion de leur travail et cinq cents livres sterling au capitoliste pour la location ou l'usage de son capital, il y aurft' deux tiers du bénéfice net pour le travail et un tiers pouç le capital. La seule considération qui m'empêche d'appU'r quer à Learraouth ce principe de répartition, qui, aprM cinq ans écoulés, me parait encore le plus juste qui ait été formulé jusqu'ici, c'est que, dans le cas particulier, 1^ proportions se produisant inversement, j'aurais, comm^ capitaliste, touché deux tiers, tandis que vous, mes Ott vriers ruraux, vous n'auriez touché qu'un tiers. ■>

Mais, dans certains cas, l'élément commercial de l'ei treprise est si prédominant que l'axe de la répartiticN semble pour ainsi dire se déplacer et que l'on établit li comparaison avec le diilfre des affaires. — Expmpleai la fabrique de chaussures Ara Cushman et G" à Aubun {Etats-Unis d'Amérique) avait en 1886, lors de l'introduO tion fie la participation, un chiffre d'affaires d'un quart tti million de dollars et un budget de salaires et appointa ments de 275,000 dollars ; ces deux nombres servirenttl base à la répartition. La fabrique de savons et de bougied Proctoret Gamble, à Ivorydale (Ohio), a adopté la règle en 1887.

§ 4. — Mode de répartition du dividende de

participation.

Préalablement à toute autre remarque, il faut observer que dans des cas nombreux le personnel tout entier n'est pas admis à toucher une quote-part du dividende de participation.

Il y a donc lieu de considérer d'abord les conditions d'admission à la participation.

Elles peuvent soit viser le participant plus spécialement dans ses rapports avec l'entreprise qui l'emploie, et dans ce cas c'est l'assiduité au travail ou la durée du séjour dans l'établissement qui servent de critérium, — soit se rapporter d'une façon générale à ses qualités personnelles.

I. — Que l'on ait songé à faire de V assiduité au travail une condition d'admission, cela se trouve expliqué par plusieurs raisons :

l'ouvrier ou l'employé attaché à sa besogne réduit les frais généraux, ce qui revient à augmenter les bénéfices, et par suite le dividende de participation ;

l'assiduité de tous ceux qui jouent un rôle actif dans l'entreprise permet une organisation raisonnée du travail, une disposition méthodique et par là même économique de l'outillage, des postes et des ateliers, — ce qui constitue dans nombre d'usines, notamment dans les ateliers de construction, un élément important de succès ;

le zèle au travail fait naître l'attachement à la maison, d'oii la stabilité des affaires.

La mesure la plus générale de l'assiduité est le temps de présence à l'atelier.

Exemples. — La Société Anonyme des Tissus de laine des Vosges, dont le règlement tient un compte précis de Tas-

Page 1