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de lapin, de grenouille, de chat et de chien. Il serait plus important d’être renseigné sur les modifications #7 que subit la wirulence du microbe dans le sérum des | animaux sensibles et réfractaires. Les résultats obtenus ont été fort contradictoires.
« On s’est appuyé sur ces divergences pour mettre en doute le rôle du chimisme organique dans la résis- ën
tance naturelle aux infections. Il nous semble, en réa-
(x) Rocer. Étude sur l'immunité. Congrès de Moscou et Presse médicale, 28 août 1897. e
(2) lbidem.
RP Eire
lité, que le problème est mal posé. C’est vouloir accumuler les difficultés et faire naître, comme à l’envi, les causes d'erreur, que de comparer entre eux des animaux dissemblables ». Il faudrait savoir comment se font les sécrétions bactériennes dans le corps des différents animaux, reconnaître le pouvoir des phagocytes et la résistance des cellules aux toxines. « Supposez par exemple que les cellules du chien, celles notamment qui sont chargées de la phagocytose, soient plus difficilement empoisonnées par les toxines charbonneuses que les cellules du lapin; bien que le sérum du chien soit moins bactéricide, son immunité pourra être plus grande; l’action du sang est suffisante, étant donnée la résistance des éléments anatomiques; réciproquement, elle est peu marquée chez le lapin, eu égard à la sensibilité de ses cellules (1) »
Ce ne sont pas là des hypothèses gratuites: M. Marmier a reconnu que le lapin est beaucoup plus sensible que le cobaye à la toxine charbonneuse ; ilest cependant plus résistant à l'infection, à cause du pouvoir bactéricide de ses humeurs.
De plus, les expériences de Phisalix tendent à montrer que les microbes trouvent, dans certains tissus, les conditions favorables qui leur permettentde résister à l’action du sang; des faits de cet ordre concilient l'absence d'immunité avec un haut pouvoir bactéricide des humeurs.
La part que prennent les tissus de l'organisme à la
(1) 1bidem.
A simple lutte contre l'infection a été mise en relief par MM. Roger et Josué qui ont vu les tissus plus facilement envahis dont ils avaient lié, soit l’artère, soit la veine, ou encore sectionné les nerfs efférents (1), comme l'ont fait, d'autre part, MM. Charrin et Ruffer (2). Nous
croyons que, dans les laboratoires de la Salpétrière, on
avait sectionné, pour la même démonstration, les racines postérieures et les antérieures de la moelle.
Le rôle de la nutrition, des réactions vitales de l’organisme a été mis en relief par l’étude que MM. Charrin et Roger ont faite du surmenage, à l’aide de rats blancs aussi semblables que’ possible par l’âge et le poids, tous inoculés de 9 gouttes de deuxième vaccin charbonneux ; cette dose, sans action sur les témoins, a tué en quelques jours tous ceux des animaux soumis au surmenage. Les résultats ont été plus démonstratifs encore en employant de petites quantités de charbon symptomatique.
On sait, dans le même ordre d'idées, quelle importance les intoxications donnent à l'infection : le diabète en fournit le meilleur exemple.
De même, Canalis et Morpurgo (3) ont établi que le jeûne pérmet de conférer le charbon tant aux pigeons qu'aux poules. Tissier et Guinard (4) ont vu au contraire
les toxines de la diphtérie et du pneumo-bacille engen-
(1) Congrès de Bordeaux.
(2) Biologie, mars 1880.
(3) Fortsch. d. méd., septembre et octobre 1890. (4) Acad. des sciences. 15 février 1897.
2 UTO le
drer des désordres graves chez les chiens normaux, tandis qu’elles n’exerçaient qu'une action passagère,
fugitive chez les animaux en inanition.
Si les modifications apportées à la nutrition peuvent abolir l’immunité naturelle, on peut réciproquement engendrer le pouvoir pathogène chez un microbe qui en est généralement dépourvu. Pour réaliser cette démonstration, nous nous sommes adressé à un type de saprophyte ; nous avons choisi le subtilis qui, parfois, a pu déterminer la mort, mais à des doses telles que,
sans changement, tout microbe provoque, dans ces con- ,
ditions, des accidents mortels (1).
L’échantillon choisi répondait botaniquement à tous les caractères de ce subtilis ; il n'avait jamais passé par l'animal ; il tuait à 12, à 15, à 20 centimètres cubes par kilogramme, volume correspondant pour un homme à plus d’un litre.
Pour exalter <e subtil, nous avons employé trois procédés: cultures sur des bouillons de plus en plus riches en sang; passages au travers de l’animal; éducation sur des milieux artificiels de plus en plus riches
en certains poisons diastasiques, comme la toxine
diphtérique.
- (x) Came et J. De Niris. C, R. biologie, 10 juillet 1897.