‹ La participation de la Bretagne à la conquête de la l'Angleterre par les NormandsChapitre 11 sur 29 · DoM · texte numérisé non relu

DoM

3. — D'après Guillaume de Jumièges, VII. 25. VIII. 15 et Wace, ut supra, il était d'origine bretonne ; d'après Orderic Vital 563, C, il était breton, par sa mère et possédait, en Bretagne, les châteaux de Gaël et de Montfort.

ses inscriptions au Domesday, spécialement dans le Norfolk et le Suffolk est très grand. Il signa aussi, en 1055, de nombreux chartes en qualité de niiiiisler. '

Ces références que nous empruntons pour la plupart à Freeman - démontrent nous semble-t-il, qu'il y eut deux Raoul dans le Norfolk le père et le fils : que le père épousa une bretonne et qu'il fut Staller sous Edouard et* comte sous Guillaume ; que durant le règne de celui-ci, il eut les grandes possessions que Ion sait. Rien ne prouve qu'il fut jamais dépossédé ; mais comme il est indiscutable que Raoul, son fils, combattit à Senlac avec les compatriotes de sa mère, il peut très bien se faire qu'il eut été mis hors la loi, pour quelque trahison ou tout autre crime inconnu, ou encore pour avoir pris part dans l'entreprise de Tostig. Exilé, il se serait réfugié tout naturellement dans le pays de sa mère et il aurait trouvé l'occasion favorable pour rentrer dans sa patrie, en se joignant au contingent breton qui apportait à Guillaume, duc de Normandie, un appui des plus appréciables.

Mais les origines et la filiation de Raoul de Gaël telles que nous venons de les exposer et de les discuter, d'après Freeman ne sont pas acceptées par tous les historiens anglais. D'après M. Planché^ Raoul de Gaël serait fils de Raoul, comte de Hereford, sous le règne d'Edouard le Confesseur. Accusé injustement de lâcheté, il aurait été obligé de prendre la fuite, poursuivi par les troupes irlandaises et galloises, conduites par Algar, fils de Léofric, en 1054. Ce Raoul était fils de Goda, sœur d'Edouard le Confesseur, par son premier mari, Dreu, comte du Vexin et neveu, par conséquent, du roi d'Angleterre. Sir Henri Ellis prétend aussi que la femme de Raoul est appelée, dans le Domesday, Getha et Gueth : elle tenait des terres dans le

1. — Cod. Dipl. IV. 121, 143, 151, 1.59, 172 et Dom. 19i, 409 b,

3. — Fhee.man; NormConq. 2 éd. III.p. 776. Appendix. Note O. O.

3. — l'i.ANciirc : The Conqueror and /lis compa'itom^. II. 5. d'après

une étude lue en 1857, à Norwich, Congress of the British Archœologi-

cal Association.

Buckinghamshire; elle était mère de Harold, lord de Sideley. Le nom de Getha n'est certainement pas normand et celui de Harold, son fils, démontre son origine saxonne. De plus, Raoul, appelé comte d'Hereford par la majorité des historiens est qualifié de comte d'Estanglie par Gaimar. Ce poète nous dit que Leuric ou LéofricpossédaitNorfolk ; qu'à sa mort Raoul en reçut l'honneur ; mais qu'il n'en jouit que peu de temps et qu'il fut enterré à Peterborough et le comte Leofric à Coventr3^

Nous ne croyons pas devoir ni exposer, ni discuter ici les assertions de M. Planché *, qui se base principalement ■sur des considérations morales pour repousser les hypothèses émises par M. Freeman ; mais que le combattant de Senlac soit ou non d'origine anglaise, il n'est pas moins certain qu'il joua, dans l'histoire de la Conquête un rôle important. Résumons-le en quelques lignes. Gouverneur en 1069 de la ville de Norwick, il repoussa victorieusement les Danois et les culbuta sur les bords du Yare. Marié en 1075 à Emma, ûlle de Guillaume Fitz Osbern, comte de Hereford, avec le consentement de Guillaume Le Bâtard, disent les uns, ^ contre le gré du roi-duc, affirment les autres-*, il conspira contre celui-ci avec Roger de Breteuil son beau-frère et Waltheof, comte de Northumberland. Waltheof pris de remords, se confessa à Lafranc, archevêque de Canterbury, et sur l'avis du jDrimat, se rendit en Normandie pour dénoncer à Guillaume ie complot ourdi contre lui. Raoul rassembla autour de lui tous les Bretons qui séjournaient en Angletere et non les Gallois, comme le preTend Augustin Thierry, qui a mal traduit le mot Brytlas des Chroniques. '" VVulfstan et Aethelwig marchèrent

Page 1