Léchaudé d'Anisy, Rech. I. p
1. — Ms. Cott. Faust. VII, intitulé H^gistrun; Honoris de Richemond.
dre de Guillaume; mais le roi-duc pouvait très bien appeler Alain le Roux, son neveu, nepos, puisqu'il était petit-fils de Havoise, laquelle était fille de Richard I". Guillaume avait donc sur Alam le Roux le droit d'issu de germain et par conséquent il pouvait l'appeler son neveu, à la mode de Bretagne.
Mais il semble bien aussi qu'Alain le Roux et Alain le Noir eurent un troisième frère, Bri^nt ou Brian. Aucune mention n'est faite de lui dans le récit de la bataille de Senlac, mais nous savons que Brian de Bretagne prît part à une expédition contre les fils de Harold, Il était accompagné de Guillelmus Gueldi ou Weldi, personnage impossible à identifier, à moins qu'il ne s'agisse d'un Guillaume de Gaël, lequel se rattacherait à Raoul de Gaël, dont nous parlerons plus loin. Ce Brien, que la Chronique de Worcester appelle Breon Eorl, est inscrit au Domesday, Suff"olk 11. 291, sous le nom de CoxMes Brienus, mais il était certainement mort avant l'achèvement du Survej (1086). Ses terres étaient tenues par Robert, comte de Mortain. Brian et Gueldi à la tète d'une force que la Chronique de Worcester qualifie d'assez importante surprirent les fils de Harold, Godwine, Eadmund et Magnus, qui avaient envahi le Devonshire, en remontant la Taw ; repoussés devant Exeter, dont le château de Rougemont était la clé, leurs troupes furent écrasées par Brian, mais ils réussirent à s'échapper sur deux vaisseaux. Ils se réfugièrent à la cour du roi Diarmide et, à partir de ce moment, on ne découvre plus aucune mention d'eux. Nous trouvons encore Brian de Bretagne, en 106S, combattant loyalement pour la cause de Guillaume, dont la conquête n'était pas définitive. Ce fut lui qui aida Guillaume Fitz Osbern a triompher de la révolted'Edricdit le Sauvage et qui délivra Exeter assiégé i.
Enfin le même Brian qui avait repoussé dans le Devonshire la seconde attaque des fils de Harold réapparaît encore en 1089. Nous le retrouvons dans la cité de Kastoria, qu'il lut obligé de rendre à Bohémond. D'après JVl. Finlay, l'iden-
Ord. \i.t. ôU. A. B.
tité entre Brian, vainqueur des fils dHarold et celui que l'on retrouve en Brient est certaine. *
Mais il est un seigneur, cité plusieurs fois par Wace et par les historiens et les chroniqueurs de l'époque, dont la personnalité ne laisse pas d'être assez mystérieuse : c'est Raoul de Gaël ; sa présence à Senlac est inconstestable :
Kl Raol y vint de Gael,
Et maint Breton de maint chaslel,
dit lauteur du Roman de Rou, qui précise même sa place dans la fameuse bataille :
losle la compeigne Néel Chevalcha Raol de Gael; Bret estoil et Breton n^enoit.
(vers 8517-20)
Les écrivains anglais sont sévères à son égard ; ils lui donnent volontiers les épithètes de traître et de parjure. ^ D'autres écrivains, au contraire, ont protesté contre cette assertion : toujours est-il que le combattant de Senlac qui, dans la suite, joua un rôle important dans l'histoire d'Angleterre, sous le règne de Guillaume, reste difficile à identifier.
On peut, cependant, considérer comme certain que Raoul de Gaél ou de Wader qui devint comte de Norfolk et d'Estanglie, en 1074 - était bien d'origine anglaise. Les Chroniques d'Abingdon et de Peterborough en rappelant le fameux bride-alc. qui aboutit à la mort de Waltheof, disent positivement que Raoul de Gael était anglais, mais qu'il était breton par sa mère ; que son père, anglais du même nom, était lui-même né dans le pays de Norfolk : « Se ylca Raulf woes Brittisc on his modor healfe and Rawulf his fœder wœs Englisc and wœs geboren onNordtolce. ^ ». 11 est vrai que Guillaume de Malmesbury ^ dit que Raoul