CHAPITRE II HISTOIRE
les titres conservés aux Archives de la tour de Londres, et dont Carte20 nous a donné le sommaire. Plus tard, une charte de 1119 porte 21 : Ansoldus Godescali , Ansoldus Rogerii, Alcherius Adalonis. Une autre, de 1144, à Nîmes22, contient Petrus Alberti , Grimaldus Roverii. On a trouvé encore, dans le Grand Capitulaire de Champagne, un acte de 1261, qui commence par « Carta inter ... et Guillelmum Raimundi», et une charte de Philippe le Hardi, qui mentionne Bernardus Anfredi, Guillelmus Giraudi: tous génitifs patronymiques qui se traduisaient littéralement dans la langue vulgaire par Ansolde de Godescale, Ansolde de Rogier, Althier d'Adalon, Pierre d Albert, Grimauld de Bouvier, Guillaume de Raimond, Bernard <f Anfred et Guillaume de Girauld.
Ainsi la première particule se trouve devant le premier surnom qui l'a produite, comme il produira toutes les autres.
Je crois donc utile de m'étendre un peu sur ce mot.
Sainte Palaye, dans son Glossaire manus-
crit, conservé à la Bibliothèque nationale de France, a relevé, d'après les auteurs : sournon, seurnom, surenom, et surnom; et du Gange 23 en a donné deux étymologies. La meilleure, qui s'accorde avec notre sujet, me semble être que, dans les actes publics, on ne mettait d'abord que le nom individuel, puis, par la force de l'usage, le sobriquet étant devenu de notoriété publique, on l'écrivit avec de plus petits caractères, en interligne, sur le nom 2'\
Les chartes du ixe au xme siècle en font foi. Mais cette pratique ne se répandit pas très rapidement, puisque Froissard25 parle encore d'un chevalier de Naples appelé « Jacques sans surnom ».
Néanmoins, par une conséquence naturelle du besoin qui l'avait fait naître, le second nom fut le plus souvent l'unique désignation employée. On ne tarda pas à se débarrasser du premier, mais sans oublier que le deuxième, le seul que l'on conservât, était celui de l'auteur de la famille ; l'article défini , dont il était précédé , rap-