CONCLUSION
Il me paraît résulter de ce travail que notre syllabe est considérée, depuis plus de quatre siècles, en France et à l'étranger, comme une espèce de distinction honorifique.
Que ce soit un préjugé 1 semblable à presque tous les autres, c'est-à-dire l'effet resté d'une cause disparue, d'accord.
Mon désir a été de prouver qu'il est fondé sur des raisons, et non pas que le public ait bien fait de l'adopter.
Cependant quelqu'un dira que les Mole,
les Pasquier , les Séguier , n'ont pas la fameuse préposition. La cause en est qu'ils ne descendent pas de nobles, mais d'anoblis : honnêtes magistrats que la loi a obligés plus strictement à signer de leur nom de famille seul, ou que le manque de fiefs a privés du surnom qui créa le plus grand nombre de ces préfixes. Et il semble que déjà le courant les oblige à en prendre , sinon à en recevoir.
Je connais la seconde objection. En 1793, un paysan et son maître s'appelaient du même nom de lieu, précédé de la particule, parce que l'un en était originaire et l'autre seigneur. Le sophiste, chargé alors de l'état civil, obligea le noble à la quitter et la laissa au vilain, sous prétexte que celle-ci n'indiquait que la naissance, tandis que celle-là rappelait la féodalité. En sorte qu'aujourd'hui certains de prouvent la roture.
Non , tous les articles ne sont pas nobiliaires. Cependant ne suffit-il pas que la plupart le soient pour faire croire qu'ils le sont tous.